Iran: seize rebelles pendus en représailles à une attaque qui a tué 14 soldats

Au moins 14 gardes-frontière ont été tués dans une attaque au sud-est de l'Iran dans la nuit de vendredi à samedi. Le gouvernement iranien a répliqué samedi matin en pendant 16 rebelles liés aux groupes hostiles au régime.
26 oct. 2013, 13:03
L'Iran a pendu samedi 16 rebelles en représailles à une attaque contre un poste-frontière qui a fait au moins 14 morts dans le sud-est du pays.

L'Iran a pendu samedi 16 rebelles en représailles à une attaque contre un poste-frontière qui a fait au moins 14 morts dans le sud-est du pays. L'accrochage s'est produit dans une région montagneuse et difficile d'accès fréquentée par des trafiquants de drogue et des rebelles armés.

"Seize rebelles liés aux groupes hostiles au régime ont été pendus ce matin à la prison de Zahedan (chef-lieu du Sistan-Balouchistan) en réponse à la mort des gardes-frontières à Saravan", a déclaré le procureur général de province, cité par l'agence Fars.

"Nous avions averti les groupes rebelles que toute attaque visant la population civile ou les membres des forces de l'ordre ne resterait pas sans réponse", a-t-il ajouté.

Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins 14 gardes-frontières iraniens ont péri au cours d'un accrochage à la frontière pakistanaise, ont rapporté les médias iraniens.

Otages

Le vice-ministre iranien de l'Intérieur, Ali Abdollahi, a précisé que le heurt était dû à des "membres des groupes hostiles", un terme utilisé pour désigner les rebelles sunnites du Joundallah (soldats de Dieu). Trois autres "militaires ont été pris en otage et emmenés de l'autre côté de la frontière" au Pakistan, a-t-il précisé,

M. Abdollahi a également demandé "au gouvernement pakistanais de prendre des mesures pour contrôler sérieusement sa frontière afin de lutter contre les groupes terroristes".

La province du Sistan-Balouchistan, où vit une forte minorité sunnite, a été le théâtre d'actions sanglantes menées par les rebelles sunnites du Joundallah. C'est aussi une zone de trafic importante pour une partie de la drogue produite en Afghanistan et destinée à l'Europe ou aux pays arabes.

Mur entre Iran, Afghanistan et Pakistan

Pour fermer les quelque 1800 km de frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan, l'Iran a entamé au début des années 1990 la construction d'un "mur". L'ouvrage doit être achevé en 2015.

Il doit permettre de contrôler trafic de drogue, contrebande et infiltrations de groupes rebelles ou de bandits, qui entretiennent un climat d'insécurité permanent dans les régions frontalières.

Quelque 3700 membres des forces de l'ordre ont été tués depuis 30 ans en combattant des trafiquants et des groupes souvent lourdement armés dans les provinces frontalières orientales de l'Iran, selon les chiffres officiels.