Iran: l'ayatollah appelle à aucune concession sur le nucléaire

L'ayatollah Khamenei a assuré qu'aucune concession ne serait faite aux "ennemis" en matière de nucléaire et ce même si le pays risque de nouvelles puissantes sanctions économiques.

04 juin 2013, 14:29
L'ayatollah Khamenei.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a rappelé mardi qu'il était seul maître du dossier nucléaire en rejetant toute "concession aux ennemis" de Téhéran. Son message est adressé aux candidats à la présidentielle du 14 juin et aux grandes puissances.

L'ayatollah Khamenei a demandé aux candidats de promettre "de ne pas faire passer les intérêts des ennemis avant l'intérêt national", alors que les négociations entre les grandes puissances et l'Iran sont dans l'impasse et que le pays est sous le coup de sévères sanctions économiques.

"Certains croient faussement que nous devons faire des concessions aux ennemis pour réduire leur colère. C'est une erreur", a-t-il lancé, lors d'un discours au mausolée de l'imam Khomeiny pour le 24e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique.

Aucun des candidats de la présidentielle du 14 juin n'a évoqué un possible assouplissement de la position de Téhéran en matière nucléaire. Mais certains, comme le candidat modéré Hassan Rohani, ont évoqué la nécessité d'établir un dialogue direct avec les Etats-Unis, ennemi historique de la République islamique.

Khameini a le dernier mot

Immédiatement après le discours, Ali Akbar Velayati, un des huit candidats et conseiller du guide pour les Affaires internationales, a affirmé qu'il allait "suivre les directives" du numéro un iranien.

Agé de 73 ans, Ali Khamenei est le premier personnage du régime et a le dernier mot sur les grandes questions politiques et économiques du pays.

Les négociations nucléaires avec les grandes puissances réunies au sein du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) sont menées par son représentant direct, Saïd Jalili, qui est également candidat.

"Si nous réglons les problèmes économiques qui sont le principal défi imposé, alors ils (les ennemis, ndlr) deviendront impuissants", a-t-il dit.

Sanctions accrues

Les grandes puissances soupçonnent l'Iran de vouloir fabriquer l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé depuis 2012 un embargo pétrolier et bancaire qui a provoqué une grave crise économique, avec une inflation officielle de 31% et une dévaluation de la monnaie de 70%.

Washington a encore accru lundi ses sanctions en visant directement la monnaie et le secteur automobile iranien.

Malgré cela, M. Khamenei a demandé aux huit candidats de ne pas "noircir" la situation.