Irak: les forces de sécurité tirent sur des manifestants à Bagdad

Quatrième jour du mouvement de contestation en Irak. A Bagdad, les forces de sécurité irakiennes ont tiré ce vendredi sur des dizaines de manifestants. Les violences ont déjà fait 33 morts et des centaines de blessés.

04 oct. 2019, 09:51
Anti-government protesters set fires and close a street during a demonstration in Baghdad, Iraq, Thursday, Oct. 3, 2019. Iraqi security forces fired live bullets into the air and used tear gas against a few hundred protesters in central Baghdad on Thursday, hours after a curfew was announced in the Iraqi capital on the heels of two days of deadly violence that gripped the country amid anti-government protests that killed over 19 people in two days. (AP Photo/Hadi Mizban)

Les affrontements ont gagné en intensité vendredi à Bagdad entre forces antiémeutes et manifestants, le jour où la plus haute autorité chiite d’Irak a mis en garde contre une aggravation de la contestation si le pouvoir ne répondait pas rapidement à ses demandes.

Trente-sept personnes -33 manifestants et quatre policiers- ont été tuées et des centaines blessées, selon des sources officielles depuis le début mardi de ce mouvement, né d’appels sur les réseaux sociaux pour protester contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics.

Les manifestations dans la capitale irakienne et dans plusieurs régions chiites du Sud sont inédites dans un pays habitué aux mobilisations partisanes, tribales ou confessionnelles. Elles constituent le premier test pour le gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, en place depuis à peine un an et qui a appelé à la patience.

 

 

Vendredi et malgré la coupure d’Internet et le couvre-feu décrété dans ces régions depuis jeudi, les Irakiens sont descendus à nouveau dans la rue principalement à Bagdad, où ils ont afflué sur la place Tahrir, face à un énorme déploiement sécuritaire.

Balles réelles

De nombreux affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de sécurité. Les tirs à balles réelles des forces de l’ordre étaient très nourris et des journalistes de l’AFP ont vu plusieurs blessés par balles, notamment au ventre et à la tête.

Dans un quartier résidentiel près de la place Tahrir, la plupart des magasins et des stations essence étaient fermés. Ceux ouverts étaient pris d’assaut par les clients voulant acheter des légumes, dont le prix a triplé en raison de la fermeture de routes menant à Bagdad.

Le mouvement a repris de plus belle après une allocution jeudi soir de M. Abdel Mahdi qui a réclamé du temps pour pouvoir améliorer les conditions de vie des 40 millions d’habitants dans un pays sorti il y a moins de deux ans de près de quatre décennies de conflits et en pénurie chronique d’électricité et d’eau potable.