Indonésie: un jeune couple flagellé pour s’être embrassé en public

Jeudi en Indonésie, après plusieurs mois d’emprisonnement, un jeune couple a été fouetté sur une place car les amoureux s’étaient embrassés en public.. Les défenseurs des droits de l’homme condamnent la flagellation en qualifiant ce châtiment de cruel.
31 janv. 2019, 14:41
Le couple a été flagellé sous l'oeil de centaines de spectateurs devant une mosquée de Banda Aceh.

Deux jeunes gens âgés chacun de 18 ans ont été flagellés jeudi dans la province indonésienne d’Aceh (nord-ouest) à la pointe de l’île de Sumatra. Ils s’étaient embrassés en public.

La jeune fille, une étudiante à l’université, et le jeune homme ont reçu chacun 17 coups de canne souple en rotin, sous l’oeil de centaines de spectateurs devant une mosquée de Banda Aceh, la capitale de la province. Le couple avait été surpris en train de s’embrasser dans un endroit public, ce qui est interdit par la loi musulmane qui prévaut dans cette province conservatrice, la seule en Indonésie à appliquer la charia.

Un homme âgé de 35 ans a également été flagellé pour avoir eu des relations sexuelles avec une quadragénaire dans une épicerie locale. Les deux couples ont été emprisonnés plusieurs mois avant de subir ce châtiment. La quadragénaire avait demandé à être également flagellée jeudi, apparemment dans l’espoir d’être libérée, mais une équipe médicale a repoussé la punition après avoir estimé son état physique inapproprié.

Châtiment cruel

La province d’Aceh punit de flagellation toute une série de comportements considérés comme criminels aux termes de la charia, allant du jeu à la consommation d’alcool en passant par les relations homosexuelles ou les relations sexuelles hors mariage. En décembre 2018, deux hommes surpris en train d’avoir des relations sexuelles avec des mineures ont reçu chacun 100 coups de canne.

Les défenseurs des droits de l’homme condamnent la flagellation en qualifiant ce châtiment de cruel. Le président indonésien Joko Widodo a appelé à y mettre un terme.

Mais cette pratique est largement soutenue par la population de la province d’Aceh dont les cinq millions d’habitants sont à 98% musulmans. La province a laissé entendre récemment que la flagellation serait désormais appliquée derrière les murs des prisons mais certaines autorités locales continuent de la faire exécuter en public.

La loi islamique est appliquée strictement à Aceh depuis 2001. Aceh s’était alors vu accorder un statut d’autonomie par le gouvernement central de Jakarta, pour mettre fin à plusieurs décennies de rébellion séparatiste.