Inde: Narendra Nodi s'apprête à remporter les législatives haut la main

Narendra Modi et ses partisans nationalistes hindous s'apprêtent à remporter une large victoire ce vendredi en Inde. Ils ont fêté la "nouvelle ère" à coups de pétards dix ans de pouvoir du parti du Congrès.

16 mai 2014, 16:05
Le parti nationaliste hindou de Narendra Modi s'apprêtait vendredi à remporter une victoire écrasante aux élections législatives en Inde.

Le parti nationaliste hindou de Narendra Modi s'apprêtait vendredi à remporter une victoire écrasante aux élections législatives en Inde. Ses partisans ont célébré une "nouvelle ère" à coups de pétards après dix ans de pouvoir du parti du Congrès. Le parti des Gandhi a reconnu sa défaite.

Les premiers résultats et les projections des télévisions donnaient vendredi matin une majorité absolue au Parlement pour le Bharatiya Janata Party (BJP) de Modi, une première depuis trente ans pour un parti seul. "C'est le début du changement, la révolution d'un peuple et le début d'une nouvelle ère", a déclaré à l'AFP un dirigeant du BJP, Prakash Javadekar, depuis le siège du parti à New Delhi.

Ces projections dépassent toutes les prévisions des sondages et les distributions de confiserie et lancers de pétards se multipliaient dans les locaux du BJP dans tout le pays. Selon ces projections, le BJP dépasserait la majorité absolue des 272 sièges sur 543, et aurait plus de 300 sièges avec ses alliés.

"Les tendances indiquent que c'est un raz-de-marée", a même déclaré le président du BJP, Rajnath Singh, dans un message posté sur Twitter. Jamais en effet un parti n'avait obtenu de victoire aussi nette en Inde depuis l'éclatant succès du Parti du Congrès après l'assassinat en 1984 d'Indira Gandhi, alors Premier ministre.

Le parti du Congrès, au pouvoir depuis dix ans et peu habitué à siéger dans l'opposition depuis l'indépendance, a déjà reconnu sa défaite qui pourrait être la plus cinglante de son histoire. "Nous sommes prêts à siéger dans les rangs de l'opposition", a déclaré à la presse le porte-parole et dirigeant du parti, Rajeev Shukla.

Fortes attentes

Modi, fils d'un vendeur de thé de 63 ans, a monopolisé la campagne électorale avec comme message principal la promesse d'incarner un pouvoir fort à même de relancer l'économie indienne, tout en gommant son passé de leader nationaliste hindou controversé. Les attentes sont maintenant fortes au sein de la population après cette campagne centrée sur la personnalité du candidat du BJP et son bilan économique dans l'Etat du Gujarat, qu'il dirige depuis 2001.

Les marchés boursiers ont encore accéléré dans la perspective d'une nette victoire de Modi, gagnant 5% vendredi après une hausse similaire en début de semaine. Les investisseurs font preuve d'un optimisme, que certains jugent exagéré, sur sa capacité à sortir l'Inde de ses difficultés: infrastructures défaillantes ou inflation galopante.

Une partie des plus pauvres

Au-delà des nationalistes hindous, Modi a aussi rallié une partie des plus pauvres qui votaient traditionnellement pour le Congrès et ses programmes sociaux.

Les attaques de ses opposants et les mises en garde des minorités religieuses sur les fractures qu'il pourrait créer au sein de la population ne semblent pas avoir fait mouche. "Modi est arrivé au bon moment, alors que la population est gagnée par l'abattement", estime Mohan Guruswamy, du think-tank Centre for Policy Alternatives.

Campagne terne

La nette défaite devrait chambouler le parti du Congrès et poser la question de la capacité de la famille Gandhi à diriger le pays. A 43 ans, Rahul Gandhi a conduit une campagne jugée terne, incapable de lui donner un élan.

L'héritier de la famille Gandhi n'est lui-même que légèrement en tête dans sa circonscription d'Amethi, un bastion familial tenu successivement par son oncle, son père et sa mère Sonia.

"Ils ne peuvent pas croire que quelqu'un d'aussi simple que lui puisse les battre", a déclaré vendredi à l'AFP la soeur de Modi, Vasantiben Modi, depuis sa petite maison du Gujarat.

Deux puissances nucléaires

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a félicité par téléphone vendredi Narendra Modi pour sa "victoire impressionnante". Depuis leur indépendance concomitante des Indes britanniques en 1947, l'Inde et le Pakistan se sont affrontés à trois reprises, notamment pour le contrôle du Cachemire, région himalayenne revendiquée par les deux puissances nucléaires.

Au pouvoir depuis moins d'un an, Nawaz Sharif a promis d'améliorer les relations avec l'Inde, mais certains au Pakistan craignent de revoir les nationalistes hindous au pouvoir à New Delhi.