Inde: le gouvernement central supprime l'autonomie constitutionnelle du Cachemire

Le Cachemire indien avait jusqu'ici un statut particulier. La constitution nationale lui donnait une très large autonomie. A part la défense, la communication et les affaires étrangères, tout était géré depuis un parlement local. Mais ce lundi, le gouvernement central a décidé de mettre un terme à cette autonomie. La région, déjà sous tension permanente, pourrait exploser.

05 août 2019, 10:47
Le ministre indien de l'intérieur Amit Shah a annoncé la fin de l'autonomie constitutionnelle du Cachemire indien.

Le gouvernement indien a annoncé lundi la révocation de l'autonomie constitutionnelle du Cachemire. La décision est explosive pour cette région en proie à une insurrection séparatiste.

Les autorités nationalistes hindous ont passé un décret présidentiel abolissant un statut spécial de l'État du Jammu-et-Cachemire qui était garanti par la Constitution indienne. L'annonce en a été faite au Parlement par le ministre de l'Intérieur Amit Shah, au milieu d'une énorme cacophonie venant des rangs de l'opposition.

Grande autonomie

Le décret présidentiel "entre en vigueur immédiatement. Il remplace aussitôt" les articles constitutionnels relatifs au Jammu-et-Cachemire, en particulier l'article 370, selon un texte diffusé par le gouvernement.

L'article 370 de la Constitution indienne conférait un statut spécial au Jammu-et-Cachemire et autorisait le gouvernement central de New Delhi à légiférer seulement en matière de défense, affaires étrangères et communications dans la région. Le reste relève de l'assemblée législative locale.

Rétrogradé

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a également présenté au Parlement un projet de loi pour diviser le Jammu-et-Cachemire. Le Ladakh, sa partie orientale à majorité bouddhiste, en sera séparé.

Le Jammu-et-Cachemire restant, qui comprendra les plaines à majorité hindoue de Jammu au sud et la vallée de Srinagar à majorité musulmane dans le nord, va perdre le statut d'État fédéré, pour être rétrogradé au statut de "territoire de l'Union". Cela signifie que la région sera sous l'administration directe de New Delhi et n'aura presque plus aucune autonomie.