Homophobie en Tchétchénie: la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne écrivent à la Russie

Alors que plusieurs organismes indépendants font état d'arrestations d'homosexuels en Tchétchénie, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne écrivent officiellement à la Russie pour qu'elle enquête sur ces persécutions présumées.

03 mai 2017, 15:40
Dans la Tchétchénie de Kadyrov, les homosexuels sont vraisemblablement persécutés.

Cinq chefs de la diplomatie de pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont écrit à leur homologue russe Sergueï Lavrov. Ils lui ont exprimé leur "profonde inquiétude" concernant le sort des homosexuels en Tchétchénie.

"Cher collègue, nous sommes profondément inquiets des multiples rapports d'organisations internationales" concernant les persécutions dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie, ont écrit l'Allemand Sigmar Gabriel, le Britannique Boris Johnson, le Français Jean-Marc Ayrault, le Néerlandais Bert Koenders et la Suédoise Margot Wallstrom, dans une lettre dont l'AFP a obtenu copie mercredi.

"Nous appelons le gouvernement russe à enquêter sur ces terribles allégations et à garantir la sécurité des militants et des journalistes qui enquêtent", ont-ils ajouté.

"Nous appelons le gouvernement russe à user de son influence sur les autorités régionales de Tchétchénie pour faire cesser immédiatement toute persécution, apporter assistance aux victimes et déférer les auteurs devant la justice", ont conclu les ministres dans cette lettre, datée du 28 avril.

 

Pas de réaction du Kremlin

Mardi, la chancelière allemande avait directement interpellé le président russe Vladimir Poutine sur le sort des homosexuels en Tchétchénie, lors d'une conférence de presse commune à Sotchi, sur les bords de la mer Noire.

Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta a révélé que les homosexuels sont devenus la cible des autorités en Tchétchénie, société conservatrice, en majorité musulmane, où l'homosexualité, considérée comme un tabou, est un crime passible de mort dans la majorité des familles.

Selon le journal, les autorités locales ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur". Des homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou ont affirmé à l'AFP avoir été battus et détenus "dans une prison non-officielle".