Hollande: sa liaison présumée fait jaser

Les médias européens s'emparent de la liaison présumée de Hollande. Si certains annoncent que le président doit pouvoir "manger ses croissants en paix", ils sont nombreux à déclarer que ce scandale arrive au plus mauvais moment.

11 janv. 2014, 08:14
Le magazine français "Closer" prétend que le président Hollande a une liaison avec l'actrice Julie Gayet.

Les médias européens se sont immédiatement emparés de la révélation vendredi, par le magazine français Closer, d'une liaison prêtée au président français François Hollande avec l'actrice Julie Gayet. Ils ont centré leurs interrogations sur l'impact de cette affaire.

Faute de détails croustillants ou de rebondissements, la plupart se sont contentés de rappeler les précédents chez les présidents français ou ont opté, notamment en Italie, pour une approche légère et people de cette liaison présumée.

A Londres, le site internet de la BBC a bondi sur ces affirmations en les plaçant en dominante mondiale pendant quelques heures dans la matinée avant de les rétrograder en troisième titre international. Les journaux britanniques évoquent l'affaire en première page, même le très sérieux "Financial Times" (FT) qui tout comme le Times consacre à ces révélations un éditorial.

Le "Times" s'amuse à publier une sorte d'agenda fictif du président en franglais, où celui-ci affirme: "Je suis le sexy, dirty chien!" Le FT, qui publie une photo de l'actrice en première page, prend dans un éditorial la défense du président français, qui doit pouvoir "manger ses croissants en paix".

"Pas une nouveauté"

Moins charitable, le "Daily Telegraph" affirme que M. Hollande "fait face à une nouvelle crise": "avec une impopularité record, la dernière dont le président socialiste a besoin est un autre scandale d'alcôve". "Les liaisons ne sont pas une nouveauté dans l'histoire des présidents français", relativise-t-il.

"Oh là là!" : plusieurs médias allemands ont choisi cette interjection en français dans le texte comme accroche. Évoquant une "affaire d'Etat" - un jeu de mots, puisque "Affäre" en allemand signifie également une liaison sentimentale - le site internet de "Bild" rappelle également la relation entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.

Le très sérieux quotidien économique "Handeslblatt" évoque "la surprenante réaction unanime des hommes politiques français qui condamnent la violation de la vie privée du chef de l'État" sans "essayer d'exploiter" politiquement l'affaire.

"Peau de chagrin"

Pour l'expert britannique en relations publiques Mark Borkowski, interrogé par l'AFP, "l'opinion publique dans le monde s'attend à ce genre de choses de la part des présidents français".

"C'est une tempête dans un verre d'eau", renchérit Jean-Jacques Jespers, expert belge des médias interrogé par "La Libre Belgique". "C'est du ressort de sa vie privée, et de surcroît il n'est pas marié à Valérie Trierweiler (sa compagne), il n'y a donc pas d'adultère."

En Belgique, où Closer a été imprimé, on s'interrogeait sur cette maîtresse présumée, une quasi inconnue à l'étranger. "François Hollande aurait une liaison amoureuse avec une actrice: qui est Julie Gayet?", s'interrogeait en titre le site de la chaîne de télévision RTL-TVI.

Citée dans "La Libre Belgique", une avocate spécialisée dans le droit de la presse, Delphine Meillet, juge que Closer a "franchi un pas de plus". La vie privée, pourtant très protégée par la loi française, "se réduit comme peau de chagrin", ajoute-t-elle, estimant qu'"il y a quelques années, ils ne se seraient jamais autorisés à le faire".

"Qui est Julie Gayet?"

La plupart des journaux espagnols ont placé vendredi soir le sujet en Une ou très haut sur la première page de leur site internet. "El Pais" (centre-gauche) titre: "L'annonce d'une liaison secrète énerve Hollande", ajoutant un lien qui renvoie à un ancien article intitulé "Personne n'aime Valérie Trierweiler".

"El Mundo" (centre-droit) consacre un portrait à l'actrice intitulé "Qui est Julie Gayet?", même titre choisi par "Time magazine" outre-Atlantique. Avec sa photo en Une, le journal catalan "La Vanguardia" décrit "une femme de talent et discrète".

Le premier journal italien, "Il Corriere della Sera", ne diffuse qu'une galerie de photos. Le quotidien turinois "La Stampa" rappelle lui que "la France, forte d'une ancienne tradition de libertinage, entre histoire, cinéma et littérature, s'est toujours montrée tolérante à l'égard des histoires conjugales et extraconjugales de ses présidents".