Grève des trains reconduite en France

Les cheminots français ont reconduit leur mouvement de grève jeudi, pour la 9e journée consécutive.

19 juin 2014, 13:17
Le gouvernement espérait que les votes intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi permettraient d'apaiser la situation.

Le vote par l'Assemblée nationale d'amendements destinés à rassurer les syndicats grévistes de la SNCF sur l'avenir de l'entreprise n'a pas convaincu les cheminots de Sud-Rail et de la CGT. Ils ont reconduit jeudi le mouvement.

Le gouvernement espérait que les votes intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi permettraient d'apaiser la situation. Le taux de grévistes est tombé jeudi à 10,48 % de l'ensemble des personnels de la SNCF, près de trois fois moins qu'au début du mouvement il y a neuf jours.

"La grève est reconduite puisque les cheminots manifestent partout en France aujourd'hui", a souligné le secrétaire général de la fédération CGT cheminots, Gilbert Garrel, au milieu d'une manifestation de milliers de cheminots aux abords de l'Assemblée.

Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT qui, avec Sud-Rail, mène cette grève qui perturbe lourdement le trafic et a fait perdre plus de 150 millions d'euros à la SNCF, avait pourtant estimé que le moment de vérité était peut-être arrivé.

3 institutions prévues

"La logique de ce tournant, c'est de donner les éléments aux cheminotes et aux cheminots pour qu'ils décident eux-mêmes de la conduite de la grève", a-t-il dit sur la radio RTL.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'Etat.

Le projet de loi prévoit le lancement d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d'infrastructure - l'actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés ont adopté l'article clef de la réforme qui prévoit ces trois établissements publics à caractère industriel (EPIC).

Plusieurs votes évoqués

Mais plusieurs amendements de la majorité, soutenus par le gouvernement pour favoriser une sortie de crise, ont été adoptés comme celui des écologistes qui souligne "le caractère indissociable et solidaire" des trois entités.

L'examen de la réforme doit se poursuivre jeudi, l'Assemblée devant se prononcer par un vote solennel mardi prochain sur l'ensemble du projet de loi.

La grève a été reconduite jeudi de facto, sans que les assemblées générales de la CGT et de Sud-Rail se prononcent, ce qu'elles doivent faire vendredi, a dit Gilbert Garrel.

Les fédérations de cheminots restent sur une position intransigeante et maintiennent leurs revendications.

Appel lancé par le PDG du groupe

"Les amendements ne correspondent absolument pas aux revendications. Il y a toujours trois entités et nous on en veut une seule", a déclaré à Reuters sa déléguée, Nathalie Bonnet.

L'opposition estime en revanche que le gouvernement a capitulé et a accepté les revendications des grévistes.

Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy a appelé les 10 900 cheminots grévistes, sur un total de 150 000 salariés de la SNCF, à reprendre le travail.