Grèce: le taux de chômage a dépassé la barre des 25% au mois de juillet

Plus d'un quart de la population active en Grèce était au chômage au mois de juillet.

11 oct. 2012, 13:00
A protester shouts slogans  during a protest against racist attacks and the raise  of the Golden Dawn extreme far-right party, at the port city of Pireaus near Athens on Saturday Sept. 22 2012. Golden Dawn, which political opponents brand as being neo-Nazi, has soared in popularity as Greece sinks deeper into a debt-fueled morass. The party won nearly 7 per cent of the vote in June's election and 18 seats in the country's 300-member parliament. (AP Photo/Kostas Tsironis)

Le taux de chômage grec s'élevait à 25,1% en juillet, contre 17,8% un an plus tôt et 24,8% en juin, a annoncé jeudi l'Autorité des statistiques grecques (Ase).

"Le nombre de demandeurs d'emploi a atteint 1,261 million de personnes, contre 3,7 millions qui ont du travail", précise le communiqué de l'Ase. Le taux de chômage en Grèce a plus que doublé depuis le début de la crise de la dette en 2010.
 
Le nombre des chômeurs a augmenté de 377'991 personnes par rapport à juillet 2011, une hausse de 42,8% et de 23'255 par rapport à juin.
 
Le chômage frappe plus de la moitié des jeunes non scolarisés de 15 à 24 ans, à 54,2%, ainsi que les femmes à 29%, contre 22,3%.
 
La deuxième trache d'âge touchée par le chômage est celle des personnes entre 25 et 34 ans dont 31,4% étaient sans emploi en juillet, avant celle de 35 à 44 ans, à 21,3%.
 
Les régions grecques les plus touchées par le chômage sont l'Epire, dans le nord-ouest du pays, à 27,1%, suivie de l'Attique, dans l'agglomération d'Athènes, à 25,2%.
 
Austérité contestée
 
L'Institut du travail, centre de recherches des deux grandes centrales syndicales grecques, a récemment estimé que le chômage passerait de 24% en moyenne en 2012 à 26-29% en 2013, le pays traversant alors sa sixième année consécutive de récession.
 
Les revenus moyens des salariés auront baissé de 30% fin 2012 par rapport à 2009.
 
Alors que la troïka des financiers du pays renforce la pression sur le pays pour augmenter les mesures d'austérité, des analystes, dont le Prix Nobel d'économie Paul Krugman, estiment que l'austérité imposée au pays depuis 2010 par ses créanciers, UE et FMI, en échange de prêts internationaux, est à l'origine de l'aggravation de la récession depuis 2008. En 2012, le PIB devrait baisser de plus de 6,5% selon la dernière prévision du gouvernement.
 
Le gouvernement grec de coalition, dirigé par le conservateur Antonis Samaras, pousuit des tractations avec les représentants de la troïka des créanciers depuis plusieurs mois pour finaliser un nouveau train d'économies, de 13,5 milliards d'euros (16,3 milliards de francs) pour assurer la prochaine tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros des prêts.