Gaza: un nouvelle trêve de cinq jours qui commence mal

Si la trêve entre Israéliens et Palestiniens a bien été renouvelée pour cinq jours mercredi, l'accalmie semble fragile. Israël a lancé quatre raids aériens en représailles à des tirs de roquettes.

14 août 2014, 06:47
Israël, fort du soutien de son opinion publique à la guerre, voudrait obtenir la démilitarisation de Gaza.

Israéliens et Palestiniens ont renouvelé mercredi pour cinq jours la trêve dans la bande de Gaza, mais cette nouvelle accalmie semblait partie pour des débuts difficiles. Peu après son entrée en vigueur, Israël a mené quatre raids aériens en réponse à des tirs de roquettes palestiniennes.

Alors que la trêve précédente de 72 heures expirait mercredi soir, Israël dit avoir compté jusqu'à huit tirs de roquettes. Le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, a déclaré ne pas être impliqué dans une partie d'entre eux et a accusé l'Etat hébreu de violer la nouvelle trêve par ses frappes. Aucun de ces incidents n'a fait de victimes.

Israël n'a pas fait de commentaire sur cette nouvelle trêve négociée de justesse par les médiateurs égyptiens et annoncée par les délégations palestiniennes au Caire. Elle doit prendre fin mardi à 00h01.

"Donner plus de temps"

Ce nouveau répit doit permettre la poursuite sous l'égide des services de renseignements égyptiens de difficiles négociations qui achoppent notamment sur la question, cruciale pour les Palestiniens, de la levée du blocus imposé depuis 2007 par Israël.

Les belligérants se sont mis "d'accord pour donner plus de temps à la négociation", selon les mots d'Azzam al-Ahmed, le chef de la délégation palestinienne au Caire. "Il y a un accord sur plusieurs points concernant une levée du blocus" qui asphyxie les 1,8 million d'habitants de la bande de Gaza, a-t-il en outre affirmé.

Interrogé par la télévision de son mouvement, Ismaïl Haniyeh, le dirigeant du Hamas à Gaza, a répété mercredi soir qu'"il n'y aura cessez-le-feu qu'avec la levée du blocus". Il a argué que "les sacrifices de notre peuple nous interdisent de brader nos exigences".

Israël, fort du soutien de son opinion publique à la guerre, voudrait obtenir la démilitarisation de Gaza. Les Palestiniens refusent d'en entendre parler.

Un compromis

Les deux parties semblent cependant se diriger vers un compromis qui tendrait à confier à l'Autorité palestinienne, tout juste réconciliée avec le Hamas, la responsabilité des futures négociations et des frontières de Gaza.

Selon un document, les Egyptiens proposent avant toute chose un sursis: après l'obtention d'un cessez-le-feu permanent, ils invitent à de nouvelles discussions dans un mois. Alors seront discutés les principaux points de blocage: l'ouverture d'un port et d'un aéroport pour alléger le blocus et la restitution par le Hamas des corps de deux soldats israéliens tués contre la libération de prisonniers palestiniens.

Le Caire propose enfin que la zone tampon le long de la frontière de la bande de Gaza avec Israël soit graduellement rétrécie et placée sous la surveillance des forces de l'ordre de l'Autorité palestinienne. Quant à la levée du blocus, le document égyptien reste vague, se contentant de dire que des points de passage fermés seraient ouverts en vertu d'accords entre Israël et l'Autorité palestinienne.

Levée de restrictions

Selon des négociateurs palestiniens, Israël consentirait à alléger les restrictions à deux points de passage de la frontière entre Gaza et le territoire israélien, l'un pour les personnes, l'autre pour les biens. Ce dernier serait sous supervision internationale.

D'après la presse israélienne, Israël accepterait aussi l'entrée d'argent sous de strictes conditions pour payer les dizaines de milliers de fonctionnaires qui attendent leur salaire depuis des mois, et d'étendre les zones de pêche.

Depuis son déclenchement le 8 juillet, l'opération "Bordure protectrice" a fait 1945 morts, côté palestinien dans la bande de Gaza, pour la plupart des civils, selon les autorités médicales de l'enclave, et 67 morts, côté israélien. Selon les Nations unies, 425'000 personnes ont été déplacées par la guerre.