Gaza: trêve prolongée in extremis pour 24 heures

Israéliens et Palestiniens ont validé une prolongation de la trêve pour une durée de 24 heures, lundi au Caire. Ce cessez-le-feu doit permettre aux belligérants de "boucler les négociations".

19 août 2014, 07:21
Palestiniens et Israéliens ont 24 heures de plus pour faire en sorte que les négociations aboutissent.

Israéliens et Palestiniens se sont mis d'accord lundi au Caire pour prolonger de 24 heures le cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza, ont annoncé lundi les négociateurs palestiniens et la médiation égyptienne. La trêve devait expirer à minuit (23 heures en Suisse).

L'objectif de cette prolongation est de pouvoir "boucler les négociations", a déclaré un responsable palestinien. Un responsable israélien et une source au sein des services de sécurité à Jérusalem ont confirmé qu'"à la demande de l'Egypte le cessez-le-feu allait être prolongé de 24 heures pour permettre de poursuivre les négociations".

Un communiqué du gouvernement égyptien cité par l'agence officielle MENA a aussitôt confirmé ce nouveau délai. Ces négociations indirectes se tiennent sous la médiation de l'Egypte. Une précédente trêve de 72 heures, entrée en vigueur le 11 août, avait été prolongée de cinq jours mercredi dernier.

Menaces de Netanyahu

Trois heures avant l'expiration du cessez-le-feu, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait averti que l'armée israélienne riposterait "avec force" si les tirs de roquettes en provenance de Gaza reprenait, comme cela fut le cas peu avant l'expiration de deux précédentes trêves.

Redoutant un échec des discussions du Caire, le ministère israélien de la Défense avait de son côté ordonné d'interrompre jusqu'à nouvel ordre le trafic ferroviaire entre Ashkelon et Sderot, deux villes du sud proches de Gaza de crainte de tirs de roquettes palestiniennes après, voire avant l'expiration de la trêve.

Au même moment, un haut responsable de la délégation palestinienne qui négocie au Caire pour transformer ces trêves en cessez-le-feu durable avait assuré qu'une nouvelle proposition de la médiation égyptienne avait été "accueillie avec beaucoup de souplesse par les deux parties". "On a fait des progrès", avait-il ajouté, sous couvert de l'anonymat.

Les Israéliens et les islamistes palestiniens du Hamas qui contrôlent Gaza forment des exigences aussi apparemment inconciliables que la démilitarisation de l'enclave pour les premiers, la levée du blocus israélien pour les seconds.

Discussions plus larges

Au-delà du cessez-le-feu, les informations filtrant du Caire font état de discussions notamment sur l'ouverture plus large des postes frontières israéliens au trafic des biens et des personnes ou encore l'extension des zones de pêche des Gazaouis ainsi que la réduction de la zone tampon à la frontière avec Israël.

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens pourraient être remis à plus tard.

Pour faire avancer les discussions, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devait se rendre à Doha pour y rencontrer mardi le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal ainsi que cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, l'émir du Qatar, allié crucial du mouvement islamiste.

Quelque 2016 morts palestiniens

Les autorités sanitaires de l'enclave palestinienne ont rappelé l'un des enjeux majeurs des discussions en annonçant que le bilan humain de l'offensive militaire lancée par Israël le 8 juillet est monté à 2016 morts palestiniens. Parmi eux figurent 541 enfants et 250 femmes, a précisé le ministère de la Santé. Il a également fait état de 10'196 blessés, outre les immenses destructions.

Dans le camp opposé, 64 soldats israéliens ont été tués, dont cinq par des "tirs amis" venus de leurs rangs, ainsi que trois civils - deux Israéliens et un Thaïlandais. Le conflit a fait 425'000 déplacés, selon les Nations unies.

Maisons démolies

Par ailleurs, les forces israéliennes ont démoli lundi les maisons de deux des trois Palestiniens soupçonnés du meurtre des trois adolescents israéliens disparus le 12 juin et retrouvés morts deux semaines plus tard. Celle du troisième suspect de ce triple meurtre à l'origine de l'escalade de la violence a été scellée.