Gaza: fin de la trêve, les hostilités reprennent

Une trêve humanitaire a été observée par Israël et le Hamas pour permettre aux habitants de Gaza de s'approvisionner. Celle-ci a pris fin et les hostilités reprennent. La diplomatie s'emploie à trouver un accord de cesser-le-feu.

17 juil. 2014, 19:26
Les hostilités entre Israël et le Hamas ont repris jeudi après l'expiration d'une trêve humanitaire de cinq heures qui a permis aux habitants de Gaza de s'approvisionner.

Les hostilités entre Israël et le Hamas ont repris jeudi après l'expiration d'une trêve humanitaire de cinq heures qui a permis aux habitants de Gaza de s'approvisionner. Les efforts diplomatiques en vue d'un accord de cessez-le-feu s'accélèrent.

Aussitôt après la courte trêve, une roquette tirée de Gaza s'est abattue sur un terrain vague de la ville israélienne d'Ashkelon (sud). L'armée israélienne a mené des raids sur Gaza dans lesquels quatre enfants palestiniens ont trouvé la mort.

Environ 230 personnes ont été tuées en dix jours, en majorité des civils. Israël, qui dit cibler le Hamas, accuse ces combattants islamistes d'utiliser des "boucliers humains" dans cette enclave où s'entassent dans la misère 1,8 million de personnes soumises au blocus israélien.

Démenti du Hamas

Sur le front des négociations, un haut responsable israélien a annoncé sous couvert de l'anonymat à des médias qu'un accord de cessez-le-feu entrerait en vigueur vendredi matin.

Mais le Hamas, au pouvoir à Gaza, a aussitôt démenti une annonce "inexacte" tout en faisant état "d'efforts en cours" pour une entente globale. Des négociations se tenaient jeudi au Caire par l'intermédiaire du médiateur égyptien.

Le Hamas exige une levée du blocus de Gaza en vigueur depuis 2006, l'ouverture de la frontière avec l'Egypte et la libération de dizaines de détenus.

Embouteillages

La pause dans les hostilités a permis aux habitants de Gaza de sortir, après des jours à se terrer dans les maisons pour échapper aux frappes aériennes. Les rues se sont remplies de monde, provoquant des embouteillages.

Le soulagement était également perceptible côté israélien: dans la ville d'Ashkelon, régulièrement visée par des roquettes, de nombreuses familles sont sorties dans les rues après être restées enfermées pendant des jours.

La trêve a été globalement respectée, même si sa fragilité a été illustrée par des tirs d'obus et un échange de tirs entre l'enclave palestinienne et l'armée. Un soldat a été blessé.

Depuis le début de l'offensive aérienne sur Gaza le 8 juillet, 237 Palestiniens ont été tués et près de 1700 blessés. Israël a été atteint par plus d'un millier de roquettes qui ont fait un mort.

Droit à la défense

Le président américain Barack Obama a dit son "immense chagrin" pour la mort de civils à Gaza, tout en jugeant qu'Israël avait le droit de se défendre face aux roquettes.

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a qualifié les bombardements sur Gaza de "tentative de génocide systématique" contre les Palestiniens.

"Ce n'est pas la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation. Depuis 1948, tous les jours, tous les mois et surtout pendant le mois sacré du ramadan, nous assistons à une tentative de génocide systématique" de la part de l'Etat hébreu, a-t-il dit lors d'un colloque international de dignitaires musulmans à Istanbul.

M. Erdogan a condamné l'"inaction" de la communauté internationale vis-à-vis du pilonnage israélien. "L'humanité est en train de périr en Palestine", a-t-il déclaré, exhortant les pays musulmans à faire une "autocritique" pour leurs positions divergentes dans la crise au Proche-Orient.

Trois Juifs inculpés

La nouvelle spirale de violence a été enclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas, et l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois Juifs ont été inculpés jeudi.

Leur identité n'a pas été divulguée. Il s'agit un homme de 29 ans, résidant de la colonie d'Adam en Cisjordanie, et de deux mineurs de 16 ans, membres de sa famille.