Fusillades au Danemark: deux hommes inculpés pour avoir aidé l'auteur des attaques

Deux hommes appréhendés dimanche pour complicité dans les attaques de Copenhague, ont été inculpés lundi.

16 févr. 2015, 19:06
Lundi après-midi, des dizaines de bouquets de fleurs avaient été déposés à l'endroit où l'auteur présumé de deux attaques meurtrières a été abattu par la police.

Les deux hommes arrêtés dimanche par la police danoise et considérés comme des complices du tireur ont été formellement accusés lundi d'avoir aidé le suspect des attaques à Copenhague. Ils ont été placés immédiatement en détention provisoire pour une durée de dix jours.

"Ils sont accusés d'avoir soutenu le suspect lié aux fusillades en lui apportant des conseils et une aide matérielle", a confirmé la police, toujours sans donner davantage de précisions.

L'arrestation de ces possibles complices laisse penser que les fusillades n'étaient pas l'oeuvre d'un "loup isolé", mais qu'elles avaient peut-être été appuyées par un groupe plus organisé de jeunes radicalisés. Rien ne laisse penser pour autant que des groupes djihadistes étrangers aient pu jouer un rôle dans les fusillades. Jusqu'ici, aucune revendication n'est parvenue aux autorités du Danemark.

La police danoise, qui quadrille la capitale depuis samedi, était toujours à la recherche de témoins afin de déterminer le trajet exact de l'auteur des attentats et d'appréhender d'éventuels autres complices. Elle a notamment réalisé un raid contre un cyber-café dans le quartier de Nørrebro, où le criminel présumé a été abattu dans la nuit de samedi à dimanche par la police.

Délinquance

Toujours selon les forces de l'ordre, l'auteur présumé des deux fusillades de Copenhague est un jeune homme de 22 ans né au Danemark. Il a été identifié comme étant Omar El-Hussein par les médias danois. Selon la chaîne de télévision danoise TV2, les parents du tireur sont des réfugiés palestiniens qui avaient émigré au Danemark.

Le jeune homme habitait dans le quartier de Nørrebro. "Il avait parfois un comportement assez agressif, mais sinon il était gentil et très intelligent", a raconté une ancienne camarade de classe.

"Il est connu pour plusieurs délits dont des infractions à la législation sur les armes et des violences", a précisé la police, ainsi que pour des liens avec des bandes de délinquants.

D'après le journal danois "Ekstra Bladet", l'homme était sorti de prison deux semaines avant les attaques. Il y purgeait une peine pour avoir agressé il y a un an un homme de 19 ans dans la gare de Copenhague, sans raison claire.

Inspiré par les attentats de Paris?

Il était également connu des services de renseignements qui ont indiqué travailler "sur l'hypothèse selon laquelle la personne en question a pu être inspirée par les événements qui se sont déroulés à 'Charlie Hebdo' à Paris" au début du mois de janvier.

La première attaque a eu lieu samedi après-midi dans un centre culturel où avait lieu un débat sur l'islamisme et la liberté d'expression. Un réalisateur est décédé, atteint au thorax par une des dizaines de balles que l'assaillant a eu le temps de tirer, avant de fuir en voiture. Trois policiers ont été blessés.

La seconde attaque a eu lieu à l'extérieur de la grande synagogue de Copenhague après minuit. Un juif a été tué. Deux policiers ont aussi été blessés. Le suspect a été abattu dimanche matin vers 05h00.

Conférence sur le terrorisme

La cheffe du gouvernement danois, Helle Thorning-Schmidt, qui s'est rendue dimanche à la synagogue, a rappelé que "personne ne doit pouvoir impunément attaquer la société danoise ouverte, libre et démocratique".

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s'est rendue lundi à Copenhague pour témoigner de la solidarité de la capitale française. Elle a également annoncé la tenue d'une conférence sur le terrorisme le 12 mars à Paris avec des responsables religieux et laïcs.

Bouquets et bougies

Lundi après-midi, des dizaines de bouquets de fleurs avaient été déposés à l'endroit où l'auteur présumé de deux attaques meurtrières a été abattu par la police, a constaté une journaliste de l'AFP. Les fleurs étaient alignées, avec des bougies.

Des services à la mémoire des deux morts des attentats devaient avoir lieu lundi soir dans plusieurs villes du Danemark, où les drapeaux étaient en berne.

L'artiste suédois Lars Vilks, cible présumée de l'attaque contre le centre culturel, est parti vivre dans un lieu tenu secret, a en outre annoncé la police suédoise lundi. Le caricaturiste est l'objet de menaces et d'agressions depuis la publication, en 2007, d'un dessin représentant le prophète Mahomet avec un corps de chien.