Fusillade dans un aéroport de Floride: le tireur est un ancien soldat

L'homme qui a ouvert le feu vendredi dans un aéroport de Floride est un ancien soldat américain décoré de plusieurs médailles, qui avait été déchargé de ses fonctions en août dernier. Il a tué cinq personnes et blessé huit autres.

07 janv. 2017, 08:38
Le suspect n'aurait pas cherché à fuir. Après avoir épuisé ses munitions, il a posé son arme et s'est laissé interpeller sans combattre.

Les Etats-Unis ont été endeuillés vendredi par une nouvelle fusillade dans une foule paniquée, quand un homme a ouvert le feu à l'aéroport international de Fort Lauderdale en Floride. Cinq personnes sont mortes, huit sont blessées. L'assaillant a été interpellé.

Il s'agit d'un ancien soldat américain de la Garde nationale de Porto Rico et de l'Alaska, a indiqué un responsable du ministère de la Défense. Le suspect a quitté l'armée en août dernier et était porteur d'une carte d'identité militaire. Il a été déployé en Irak d'avril 2010 à février 2011.

Soldat de première classe puis dans les régiments du génie de combat, il avait été décoré de plusieurs médailles avant d'être déchargé de ses fonctions en août et affecté à la réserve inactive.

 

En novembre, l'ex-militaire a dit au FBI que son esprit était surveillé, ce qui a déclenché son hospitalisation en hôpital psychiatrique, rapporte un responsable fédéral. Les agents du FBI ont ouvert une enquête et conclu qu'il n'avait aucun lien avec des organisations terroristes étrangères, précise ce responsable qui a requis l'anonymat.

Barack Obama s'est entretenu avec le gouverneur de Floride Rick Scott et la maire du comté de Broward, Barbara Sharief. Il leur a offert ses condoléances pour les familles des victimes, a annoncé la Maison Blanche.

Arme en soute

Le commissaire du comté, Chip Lamarca, a précisé que le tireur avait un pistolet non chargé dans son bagage en soute. Après avoir récupéré son bagage, il s'est rendu dans les toilettes pour charger son arme et a tiré sur les autres passagers en ressortant.

Les armes à feu sont autorisées dans les avions aux Etats-Unis pour autant qu'elles soient gardées dans un bagage verrouillé et placé en soute. Les munitions sont soumises à la même règle.

Un témoin a décrit avoir entendu ce qu'il a cru d'abord être des détonations de pétards, avant que n'éclatent les cris de passagers tentant frénétiquement de fuir l'auteur de l'attaque, dans la zone de récupération des bagages. "Il tirait sur les gens au hasard", a relaté Mark Lea, sur l'antenne de MSNBC, en précisant que le tireur avait une arme de poing et plusieurs chargeurs.

 

"Il est resté calme tout le temps", a-t-il ajouté. Le suspect n'a selon lui pas cherché à fuir. Après avoir épuisé ses munitions, il a posé son arme et s'est laissé interpeller sans combattre.

Le tireur n'a pas été blessé et la police n'a pas fait usage d'armes à feu lors de son arrestation, a précisé le sheriff du comté, Scott Israel. Et d'ajouter qu'il était trop tôt pour déterminer son mobile ou dire s'il s'agissait d'un acte terroriste. "Pour le moment, il semble qu'il ait agi seul", a-t-il souligné, tandis que la police continue de passer l'aéroport au peigne fin.

Les huit blessés ont été évacués vers des hôpitaux de la région, selon les autorités. Et plusieurs dizaines d'autres ont été hospitalisés pour des blessures légères causées par le mouvement de panique qui a suivi.

Voyageurs rassemblés

La police a précisé avoir été alertée à 12h55 (18h55 en Suisse). Elle a alors demandé au public de ne plus appeler le numéro d'urgence 911, saturé, pour tenter d'avoir des nouvelles. Toute activité est suspendue et l'aéroport est fermé, a indiqué ce dernier sur son compte Twitter.

Dès les premiers coups de feu, les forces de sécurité ont rassemblé des voyageurs sur le tarmac de l'aéroport, montrent des images des chaînes de télévision américaines. Après la panique initiale, "le calme semble revenu mais la police ne laisse personne sortir de l'aéroport", a témoigné Ari Fleischer, ancien attaché de presse du président George W. Bush, sur son compte Twitter.

 

"Ce genre de tragédies s'est produit trop souvent durant les années où j'ai été président", a déploré Barack Obama dans une interview à ABC News, disant avoir "le coeur brisé" en pensant aux familles des victimes. "Je pense que nous saurons d'ici 24 heures exactement comment c'est arrivé et ce qui a motivé cet individu". "Je suis la situation horrible en Floride", a tweeté le président élu Donald Trump. "Pensées et prières. Faites attention!"

La Floride reste meurtrie par la tuerie perpétrée le 12 juin dernier dans un club gay d'Orlando, quand un Américain d'origine afghane a tué par balle 49 personnes, le pire attentat aux Etats-Unis depuis ceux du 11 septembre 2001. Ce massacre a été revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI).