France: viticulteur bio à l'amende pour avoir refusé de traiter ses vignes

Un viticulteur bio de Bourgogne, dans l'est de la France, a été condamné lundi à 500 euros (610 CHF) d'amende ferme pour avoir refusé de traiter ses vignes contre une maladie, la flavescence dorée. La peine a été assortie d'une amende avec sursis de 500 euros.
08 avr. 2014, 07:19
Le viticulteur avait reçu le soutien d'organisations écologistes, mais la profession viticole s'était désolidarisée de son action.

"Je ne me sens pas du tout coupable. C'est intolérable aujourd'hui d'être obligé de se masquer, d'être dans la peur quand on assume une position", a déclaré le vigneron à l'issue du délibéré qui le condamne à à 500 euros (610 CHF). Le viticulteur, qui pratique la biodynamie depuis les années 1970, a annoncé son intention de faire appel. Il encourait une peine de six mois d'emprisonnement et 30'000 euros d'amende.

L'affaire avait débuté au printemps 2013 avec la découverte de foyers de flavescence dorée - maladie mortelle pour la vigne véhiculée par un insecte, la cicadelle - près de Beaune, qui avait conduit le préfet à imposer de traiter tous les vignobles du département.

Un "choix idéologique"

Le viticulteur avait refusé de traiter les dix hectares qu'il exploite en Côte-de-Beaune et Haute-Côte de Nuits, deux appellations réputées de vins de Bourgogne, même à la pyréthrine, pesticide naturel autorisé dans la filière biologique. Pour le vigneron, tous ces traitements vont à l'encontre des "équilibres biologiques", principe fondamental de la biodynamie.

Après un contrôle administratif en juillet, il avait été convoqué devant la justice. A l'audience devant le tribunal de Dijon en février, l'accusation avait estimé que le refus de respecter les directives du préfet relevait d'un "choix idéologique" et réclamé 1000 euros d'amende dont la moitié avec sursis.

Le viticulteur avait reçu le soutien d'organisations écologistes, qui dénoncent le recours aux pesticides, dont la France est le premier utilisateur en Europe. La profession viticole dans son ensemble s'est quant à elle désolidarisée, même dans la filière biologique, déplorant la mauvaise publicité faite aux vins de la région.