France: un caïd arrêté aux Paccots (FR) en 1985 remis en liberté conditionnelle

Un caïd de la "French connection" marseillaise arrêté en 1985 aux Paccots (FR) a été remis en liberté conditionnelle cette semaine en France. Charles Altiéri porte un bracelet électronique.
07 août 2015, 14:19
Charles Altiéri était incarcéré à la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées, ici lors d'une manifestation pour la libération d'un activiste basque).

Charles Altiéri, un ancien caïd de la "French connection" marseillaise arrêté en 1985 aux Paccots (FR), a été remis en liberté conditionnelle cette semaine avec un bracelet électronique. Il avait été condamné en 1994 en France pour son rôle dans l'assassinat d'un juge d'instruction marseillais.

Charles Altiéri était incarcéré à la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Sa demande de remise en liberté conditionnelle a été acceptée par la Chambre de l'application des peines de la Cour d'appel de Pau (Pyrénées Atlantiques), a appris mercredi soir l'AFP de source judiciaire, confirmant une information de "L'Express".

Premier juge d'instruction à Marseille, en charge des affaires de drogue les plus importantes dont celle de la "French connection", Pierre Michel, 38 ans, avait été tué à Marseille le 21 octobre 1981 de trois balles de 9 mm par deux hommes casqués circulant à moto, alors qu'il rentrait chez lui. Cet assassinat avait provoqué une émotion considérable.

Charles Altiéri, qui conduisait la moto, et son comparse François Checchi avaient été condamnés en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 18 ans.

Laboratoire clandestin

Agé aujourd'hui de 59 ans, Charles Altieri, dit "Lolo", avait été arrêté une première fois, en novembre 1985, dans un chalet des Paccots (FR). Avec deux autres gros bonnets de la drogue, il avait monté un laboratoire clandestin de transformation de la morphine-base en héroïne. Plusieurs centaines de kilorammes de drogue ont été raffinés aux Paccots.

Pendant sa détention en Suisse, il avait avoué sa participation dans l'assassinat du juge Michel. Il s'est rétracté par la suite, accusant le juge fribourgeois André Piller de lui avoir extorqué des aveux. L'un de ses complices des Paccots, et d'autres "repentis" l'avaient toutefois également mis en cause dans cet assassinat.

Le Tribunal criminel de la Sarine avait condamné, le 27 octobre 1987, les trois protagonistes des Paccots à 20 ans de réclusion chacun et à 15 ans d'expulsion du territoire helvétique. Moins d'un mois après sa condamnation, soit le 18 novembre 1987, Charles Altieri s'évadait du pénitencier de Bochuz (VD). Après six ans de cavale, il a été arrêté à Chypre et extradé vers la France.

Extrême indignation

La veuve et les deux filles du juge Michel ont dénoncé mercredi sa libération, une décision qu'elles jugent prise "au mépris du code de procédure pénale, au mépris du droit des victimes".

Mi-septembre, François Checchi, âgé de 65 ans, avait bénéficié d'un régime de semi-liberté, provoquant "l'extrême indignation" et la "profonde douleur" de la famille.

"Ces deux décisions interviennent quelques années après le fiasco de la suspension de peine du commanditaire François Girard. Lequel avait dès sa sortie repris ses activités criminelles pour être rapidement réincarcéré", s'indignent les proches.