France: quatre migrants entre la vie et la mort suite à de violents affrontements à Calais

Une vingtaine de migrants ont été hospitalisés à Calais et quatre sont entre la vie et la mort suite à de violents affrontements et échanges de tirs à Calais. Le ministre de l'intérieur, arrivé sur place jeudi soir a dénoncé "un degré de violence jamais connu".

02 févr. 2018, 08:30
Aujourd'hui, près de 800 migrants vivent à Calais.

 De violents affrontements entre migrants afghans et africains en plusieurs endroits de Calais, ville portuaire du nord de la France, ont fait jeudi une vingtaine de blessés. Quatre d'entre eux, touchés par balle, étaient entre la vie et la mort.

Un cinquième blessé par balle était dans un état qualifié de "très sérieux" par les autorités locales de cette région où plusieurs centaines de migrants campent en espérant pouvoir passer clandestinement en Grande-Bretagne.

Douze autres souffraient de nombreux traumatismes et blessures diverses provoqués pour certains par des armes blanches, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Un autre a été renversé par une voiture. Deux policiers ont également été légèrement blessés.

 

 

"Degré de violence jamais connu"

Calais a vécu "un degré de violence jamais connu", a déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb qui s'est rendu sur place. "Ce que vivent les habitants de Calais est insupportable", a-t-il ajouté.

Il s'agit du bilan le plus lourd depuis le 1er juillet 2017 lorsque des bagarres inter-ethniques avaient fait seize blessés, dont un grave. Un an plus tôt, le 26 juin 2016, d'autres rixes avaient fait 40 blessés, dont aucun n'avait été atteint gravement.

Environ 800 migrants vivent actuellement à Calais selon les derniers chiffres des associations, entre 550 et 600 selon la préfecture du Pas-de-Calais.

 

 

Erythréens et Afghans

Une première rixe a éclaté en milieu d'après-midi entre une centaine de migrants érythréens et une trentaine d'Afghans, en un lieu proche du centre hospitalier de la ville où avait lieu une distribution de repas, selon la préfecture. Des tirs à l'arme à feu par un Afghan seraient à l'origine de cet affrontement, ajoute-t-elle au conditionnel, ce qui accréditerait la thèse de la présence de passeurs vers la Grande-Bretagne sur place.

Quatre migrants, qui seraient âgés de 16 à 18 ans et de nationalité érythréenne, ont été blessés par balle lors de ces affrontements et leur "pronostic vital était engagé", a déclaré à l'AFP le parquet local. Aucune interpellation n'avait eu lieu dans la soirée.

Vers 16h00, une deuxième rixe s'est déroulée à environ 5 km de là, à Marck-en-calaisis. "Les Afghans ont sans doute voulu se venger", a commenté une source au fait du dossier.

"Une centaine de migrants africains armés de bâtons ont voulu s'en prendre à une vingtaine d'Afghans", a rapporté le parquet. La police a protégé les Afghans pris à partie par 150 à 200 Erythréens, selon la préfecture.

Un schéma "classique"

En fin d'après-midi, de nouvelles violences ont éclaté dans une zone industrielle proche de Calais, non loin du site de l'ancienne "Jungle", le campement démantelé en octobre 2016 et qui avait rassemblé jusqu'à 8000 migrants.

"Les Afghans sont venus pour une distribution de repas (...) et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer", a indiqué le parquet. Six migrants ont été blessés selon le parquet, dont un grièvement à la tête, comme l'a constaté un correspondant de l'AFP.

"Le conflit entre Afghans et Africains a toujours été sous-jacent. C'est malheureusement un schéma classique" de voir des affrontements entre eux, a commenté une source préfectorale.