France: polémique autour d'affiches anti-migrants à Béziers

Les tensions sont vives autour de l'accueil des migrants en France. Dernier épisode en date, les affiches placardées dans la ville de Béziers par le maire Robert Ménard. Celles-ci comparent les réfugiés à des envahisseurs.

12 oct. 2016, 12:54
Les affiches comparent les migrants à des envahisseurs.

Des affiches montrant des hommes barbus assimilés à des envahisseurs ont été placardées mardi dans les rues de Béziers par le maire Robert Ménard, sympathisant du Front national sans en faire partie. Il s'oppose à l'ouverture d'un centre d'accueil pour migrants.

"Ça y est, ils arrivent... Les migrants dans notre centre-ville", peut-on lire sur ces affiches. La photo représente des hommes à la peau noire ou basanée, barbus ou la tête couverte d'une capuche, massés devant la cathédrale de Béziers. L'affiche est surmontée par cette mention: "L'Etat nous les impose".

 

Le gouvernement français, qui veut fermer la jungle de Calais où s'entassent de 7 à 9000 migrants, a entrepris l'ouverture de centres d'accueil de petite dimension répartis dans tout le pays, en plus des structures déjà existantes destinées aux demandeurs d'asile.

Dans certaines communes, l'initiative passe mal auprès des élus qui se plaignent de ne pas avoir été consultés. Des centres ont déjà fait l'objet de déprédations ou d'incendies avant leur ouverture.

Vendredi, Robert Ménard s'était insurgé contre l'ouverture d'un de ces centres dans sa ville, alors que selon lui "la municipalité de Béziers travaille depuis 2 ans pour redynamiser son centre-ville". Il a annoncé son intention d'organiser un référendum dont l'intitulé serait: "Approuvez-vous l'installation de nouveaux migrants imposée par l'Etat, sans consultation du conseil municipal ?".

Mais ce type de consultation demeure illégal en France. La justice a en effet invalidé un référendum que voulait organiser sur ce thème le maire d'Allex, une petite commune du sud de la France.

"Provocation à la haine"

Réagissant à ces affiches, le gouvernement, par le biais de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra), a saisi le procureur de la République de Béziers devant "ce qui constitue de manière flagrante une provocation à la haine".

"Dans la période que nous connaissons, les ciblages répétés de personnes ou de groupes en raison de leur origine ou de leur croyance ne sauraient être acceptés", a souligné la Dilcra dans un communiqué. Elle estime que cette initiative "est d'autant plus grave lorsqu'elle est le fait d'un élu de la République".

L'association SOS Racisme a aussi annoncé mardi soir son intention de saisir la justice.