France: ouverture d'une enquête après l'accident d'un cargo à Anglet

Avec l'arrivée d'une nouvelle dégradation météo ce week-end, une course contre la montre est engagée à Anglet (Pyrénées-Atlantique) pour les opérations de pompage de carburant sur les lieux où un cargo espagnol s'est échoué. Une enquête est ouverte sur les raisons de l'accident.

07 févr. 2014, 06:49
Les premières opérations de pompage du carburant de l'épave du cargo espagnol, qui s'est échoué mercredi à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), devraient débuter vendredi après-midi.

Les premières opérations de pompage du carburant de l'épave du cargo espagnol, qui s'est échoué mercredi à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), devraient débuter vendredi après-midi. Les experts devront mener une course contre la montre avant une nouvelle dégradation des conditions météorologiques ce week-end.

Désormais brisé en trois morceaux, le navire de 100 mètres de long restait sous l'oeil attentif des autorités au lendemain du spectaculaire naufrage qui l'a vu heurter une digue à Anglet. L'armateur espagnol n'a pas pu fournir jeudi soir un premier plan pour mettre en oeuvre le dégagement du navire, faute d'avoir reçu la totalité des réponses à ses appels d'offre.

En conséquence, les deux mises en demeure le visant - l'une demandant de "faire cesser le danger nautique" présenté par l'épave, l'autre visant "à faire cesser les risques de pollution" - ont été reconduites jeudi soir. Aucun délai n'est pour l'instant fixé, selon Patrick Dallennes, sous-préfet de Bayonne.

Après une première tentative avortée dans la nuit de mercredi à jeudi, des experts mandatés par l'assureur du navire, accompagnés du chef-mécanicien du cargo et épaulés par des pompiers et des membres du Centre d'expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol) de la Marine nationale, ont finalement pu accéder jeudi après-midi à l'avant de l'épave, échoué sur la plage de La Barre.

C'est dans cette partie du navire que seraient stockés 70% du carburant du cargo, soit 60 à 70 tonnes. Profitant de la marée basse, les experts ont pu vérifier que sur les trois cuves de l'avant du bateau, une seule contenait du gazole et qu'elle était "intacte", sans fuites, selon le maire d'Anglet, Jean Espilondo.

Créneau d'une à deux heures

Selon Patrick Dallennes, les opérations de pompage devraient débuter vendredi vers 16h00. Il y aura alors un "créneau d'une à deux heures" correspondant à la marée basse, a-t-il souligné. "Il va falloir aller vite car les conditions climatiques se dégradent samedi et dimanche", a indiqué Jean Espilondo, prévoyant une "opération difficile" car "le bateau gîte de 15 degrés sous l'effet des vagues".

Jeudi, les autorités ont une nouvelle fois écarté le risque d'une pollution majeure. "La quantité et la nature du carburant contenu dans les soutes du navire échoué", du gazole marin, "ne sont pas susceptibles de provoquer une pollution de type marée noire", a assuré la préfecture, au lendemain de déclarations en ce sens du ministre de la Mer, Frédéric Cuvillier.

Selon le sous-préfet, les 20 tonnes de carburant stockées dans l'arrière du navire se sont "vraisemblablement dispersées", en raison de la houle, ce qui, selon lui, ne devrait pas entraîner de pollution directe des plages. Dans le même temps, les enquêteurs cherchaient toujours à déterminer les circonstances de l'accident. Les auditions des 11 membres de l'équipage ont démarré jeudi matin.

De source proche du dossier, on précise que le navire qui reliait à vide Bilbao à Bayonne, où il devait récupérer un chargement de billes d'acier, était arrivé à proximité du port mardi soir. Au moment de rejoindre le port s'est produite une "avarie électrique totale", rendant le navire impossible à manoeuvrer et le conduisant au naufrage. L'accident s'est soldé par un seul blessé léger.