France: le démantèlement de la "jungle" de Calais sous tension

Le démantèlement d'une partie de la "jungle" de Calais, immense camp de migrants dans le nord de la France, a débuté lundi dans un climat tendu.

29 févr. 2016, 12:29
/ Màj. le 29 févr. 2016 à 19:49
Les opérations de démantèlement devraient durer toute la journée.

Le démantèlement d'une partie de la "jungle" de Calais, immense camp de migrants dans le nord de la France, a débuté lundi dans un climat tendu. Au sud de l'Europe, la tension montait à la frontière gréco-macédonienne où des milliers de migrants sont bloqués côté grec.

A Calais, sous un grand soleil mais par un vent glacial, les employés d'une entreprise privée mandatée par l'Etat ont démonté une vingtaine d'abris de fortune situés sur une zone de 100 m2, a constaté l'AFP. Ils détruisaient à la main les tentes ou cabanes vides, puis se débarrassaient d'objets divers dans de grandes bennes: planches, cartons, éléments de charpente...

Quelques migrants récupéraient ici où là des matelas ou bonbonnes de gaz. Nombre d'entre eux observaient à distance cette opération sur un secteur du camp littéralement quadrillé par les policiers anti-émeutes.

Depuis des années, des migrants, venus pour la plupart de Syrie, d'Afghanistan et du Soudan, ont transité par ce qui est devenu le plus grand bidonville du pays. Ils espèrent gagner la Grande-Bretagne en profitant notamment du ballet des camions entre les deux pays.

Jets de pierres et lacrymogènes

Environ 150 à 200 personnes, migrants et militants confondus, faisaient face aux forces de police, déployées en nombre dans la matinée, selon un journaliste. En milieu de journée, le démantèlement a donné lieu à des jets de pierres de la part de migrants et de militants.

Les CRS (police anti-émeute) ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Trois abris de fortune ont été incendiés, ce qui a nécessité l'intervention des pompiers.

En fin de journée, des heurts sporadiques opposaient encore migrants et forces de l'ordre. Trois militants du mouvement radical "No border" - qui lutte pour l'abolition des frontières - ainsi qu'un jeune migrant ont été interpellés, selon la préfecture. Celle-ci a aussi fait état de cinq policiers légèrement blessés.

 

Au compte-gouttes

Pendant ce temps, la tension est montée d'un cran à la frontière gréco-macédonienne où plus de 7000 migrants et réfugiés sont entassés dans deux camps au poste grec d'Idomeni. Ils y sont bloqués en raison des restrictions imposées par plusieurs pays sur le nombre des personnes autorisées à entrer sur leur territoire.

Alors que dimanche la Macédoine n'avait laissé quasiment aucun migrant traverser, lundi à l'aube, 300 Irakiens et Syriens ont finalement pu entrer en Macédoine. A la mi-journée, un autre groupe de 300 Irakiens et Syriens ont forcé un cordon policier grec et enfoncé une partie de la barrière de barbelés marquant la frontière avec la Macédoine.

Les policiers macédoniens ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes pour faire reculer les migrants. Selon l'ONG Médecins du monde (MDM) sur place, "au moins 30 personnes ont demandé à être soignées, dont de nombreux enfants".