France: deux Portugais de Suisse vont être jugés pour la collision mortelle de l'Allier

Deux Portugais de Suisse sont jugés ce mercredi en France pour un effroyable accident survenu en mars 2016. La collision entre leur fourgon et un camion avait coûté la vie à leurs 12 compatriotes.

11 juin 2018, 12:35
Le fourgon des 2 Portugais après l'accident

Deux Portugais de Suisse impliqués dans la collision entre leur fourgon aménagé et un poids lourd sont jugés mercredi en France. L'accident avait coûté la vie à leurs passagers - douze compatriotes - en mars 2016 sur la "route de la mort", dans le centre de la France.

Le conducteur du véhicule, aujourd'hui âgé de 22 ans, et son oncle, propriétaire du fourgon, sont poursuivis notamment pour "homicide involontaire" et "violation délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence". Ils comparaissent libres devant le tribunal correctionnel de la ville de Moulins (centre).

Le soir du 24 mars 2016, le jeune homme transportait douze personnes dans ce fourgon Mercedes, aménagé artisanalement pour augmenter sa capacité, et attelé d'une remorque très chargée. Ils étaient partis de Romont (FR) pour aller passer les fêtes pascales au Portugal dans la région de Guarda.

Le fourgon avait percuté un camion italien arrivant en face vers 23h30, alors qu'il doublait un véhicule près de Moulins sur la nationale 79, une portion de la Route Centre-Europe Atlantique (RCEA) qui traverse la France d'est en ouest. Les passagers, âgés de sept à 62 ans, étaient morts sur le coup. Le conducteur, lui, était indemne.

 

 

"Manoeuvre irrégulière"

L'enquête a révélé que le jeune homme ne possédait pas le permis de conduire adéquat pour transporter plus de neuf passagers. Et il n'avait obtenu celui l'autorisant à tracter une remorque que deux jours avant l'accident. Il lui est reproché une "conduite imprudente", "une manoeuvre de dépassement irrégulière", ainsi qu'une "vitesse excessive".

La justice française reproche à son oncle d'avoir aménagé le fourgon en ajoutant une rangée de sièges, dépourvus de ceintures de sécurité et fixés au plancher du véhicule sans respecter les normes d'installation.

"Mon client redoute cette audience", a confié à l'AFP son avocat Antoine Portal, pour qui "le tribunal devra démontrer le lien de causalité entre les faits, l'aménagement du véhicule et le décès des victimes".

Au moins trois des familles des victimes n'assisteront pas au procès en raison du "coût" du déplacement, a précisé leur avocat Fernando Pais, qui sera lui-même absent. "Indépendamment de l'audience pénale à Moulins, les victimes seront indemnisées au Portugal", mais elles "souhaitent que les deux prévenus soient jugés et condamnés", a-t-il dit.

"La route de la mort"

Cet accident est le plus grave survenu sur la RCEA dans cette région de l'Allier (centre). Cet axe stratégique entre l'Espagne et le reste de l'Europe est surnommé "la route de la mort" en raison du nombre d'accidents mortels qui s'y produisent (57 morts entre 2010 et 2017), du trafic intense et de sa configuration ancienne qui fait l'objet d'aménagements depuis des années.