France: des centaines de migrants évacués par la police à Calais

Quelque 200 policiers et gendarmes ont été mobilisés mercredi pour évacuer trois camps abritant environ 550 migrants dans la zone portuaire de Calais.

28 mai 2014, 16:50
Police officers take positions in a makeshift camp housing hundreds of illegal migrants from Syria, Afghanistan and Africa, after French authorities started to clear out camps in the English Channel port city of Calais, northern France, Wednesday, May 28, 2014. French media reports say that Calais authorities wanted the camps cleared out because of a scabies epidemic. (AP Photo/Thibault Vandermersch)

Plusieurs centaines de migrants, certains victimes d'une épidémie de gale, ont été évacués mercredi par les forces de l'ordre françaises de la zone portuaire de Calais. Ils y étaient installés depuis des semaines dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre.

Au total, quelque 200 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour évacuer trois camps abritant environ 550 migrants, selon les estimations officielles. L'opération, annoncée la semaine dernière, avait été vivement critiquée par les associations, parmi lesquelles Amnesty International, Médecins du monde ou encore le Secours catholique.

Arrivées à 7h30 dans le "camp des Syriens", le plus important situé à quelques encablures des ferries partant vers l'Angleterre, située à 38 km, les forces de l'ordre ont procédé presque sans bruit. elles ont vérifié systématiquement l'ensemble des tentes sous l'oeil de militants associatifs et de migrants regroupés de l'autre côté de la rue.

Beaucoup de migrants de diverses nationalités avaient déjà quitté les lieux avant le début de l'opération pour gagner les dunes, appelées à Calais la "jungle", un site déjà évacué en 2009.

Opération sanitaire

Une heure plus tard, l'évacuation était terminée, non sans qu'un petit groupe d'Afghans ait fait un peu de résistance. "Où sont les droits de l'Homme?", s'interrogeait l'un d'entre eux, dans un anglais approximatif, au milieu des tentes abandonnées.

Peu avant midi, le camp était rasé à la pelleteuse, tandis que les négociations se poursuivaient avec des migrants réfugiés dans un centre de distribution de nourriture, barricadés derrière des bennes à ordures.

Selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'évacuation de centaines de migrants "n'est pas une opération d'ordre public, mais une opération sanitaire" menée "dans un cadre humain".

Risques pour les migrants

"Lorsque des Erythréens, des Syriens sont sur notre territoire - il y en a à Calais - dans des conditions sanitaires qui ne sont pas dignes, il faut mettre fin à ces difficultés", proposer "un hébergement" et "l'asile à ceux qui le souhaitent", a dit le ministre interrogé par plusieurs médias, en référence à l'épidémie de gale.

Le représentant de l'Etat français à Calais, le préfet Denis Robin, a lui souligné les "risques" de tels camps pour les migrants, citant les problèmes de sécurité, la hausse des rixes et les risques sanitaires. La première partie de l'opération s'était déroulée mardi soir, avec la distribution de cachets contre la gale à une centaine de migrants.

Mercredi matin, après l'évacuation du camp, les migrants se sont vus proposer d'être transportés vers un "lieu médical" pour rencontrer un médecin, prendre une douche et changer de vêtements. Un "hébergement d'urgence" devait également leur être proposé, selon le préfet qui a jugé "curieux" le rôle de "certaines associations en conseillant aux migrants de ne pas aller se faire traiter".