France: après Calais, un camp de 3'800 personnes démantelé à Paris

Constitué il y a déjà plusieurs semaines, un campement de plus de 3000 migrants est en train d'être évacué ce vendredi matin à Paris. L'opération a débuté peu avant 06h00.

04 nov. 2016, 06:51
/ Màj. le 04 nov. 2016 à 14:20
Après le démantèlement de la "jungle" de Calais, c'est au tour d'un campement à Paris d'être évacué.

Après avoir démantelé la "Jungle" de Calais, les autorités françaises ont évacué vendredi environ 3800 migrants installés sur des trottoirs de Paris. Ces personnes ont été transférées dans des centres d'hébergement ou des gymnases de la capitale et sa région.

Peu avant 06h00, les hommes, femmes et enfants installés sous une ligne de métro aérien dans le nord de la capitale ont été réveillés pour être transportés par autocars vers des structures en dur.

 

 

Six heures plus tard, les cars ont emporté les derniers résidents, tandis que les services de nettoyage déblayaient tentes, matelas et couvertures abandonnées.

 

 

Froid et varicelle

Déjà plusieurs fois évacué, le campement insalubre s'était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines, sur plusieurs centaines de mètres dans un quartier populaire et multi-ethnique de la capitale.

 

 

Alors que le thermomètre chute, que la varicelle a fait son apparition dans le campement et que l'échéance de la prochaine présidentielle dans six mois se rapproche, les autorités ont décidé de "mettre à l'abri" ses occupants.

 

 

Après le démantèlement la semaine dernière de l'immense bidonville de Calais, face aux côtes anglaises, il s'agit aussi de montrer qu'elles gardent le contrôle de la situation. "Nous ne pouvons plus tolérer les camps", a martelé samedi le président socialiste François Hollande, en souhaitant offrir un "accueil digne" aux exilés.

Deux évacuations record

Le campement parisien a déjà connu deux évacuations record ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2500 personnes) et le 16 septembre (près de 2100). Mais il s'est régulièrement reconstitué dans ce quartier proche de la gare du Nord, alimenté par des arrivées depuis la Méditerranée et des aller-retours entre la capitale et Calais.

 

 

Pour empêcher sa reconstitution, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a décidé d'ouvrir prochainement un "centre d'accueil humanitaire". Doté de 400 lits, il accueillera les migrants quelques jours, avant de les répartir dans d'autres centres de plus long terme.