France - Mistral: Moscou demande plus de 1,2 milliard de francs à Paris

Moscou exige de la France plus d'un milliard de francs d'indemnisation pour la non livraison des Mistral. Et ne veut pas que Paris revendre les deux porte-hélicoptères à un pays tiers.

15 mai 2015, 17:16
La France a jusqu'à fin novembre pour livrer le premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie. Si cela n'est pas fait, Moscou formulera d'"importantes réclamations" financières.

La Russie réclame 1,163 milliard d'euros (1,219 milliard de francs) d'indemnisation à la France pour l'annulation du contrat portant sur la livraison des Mistral. Paris ne pourrait également pas revendre les deux porte-hélicoptères à un pays tiers.

Cette opposition se fonde sur des questions de "sécurité nationale", ont déclaré vendredi des responsables russes au fait des négociations.

Le journal russe "Kommersant" a été le premier à rapporter vendredi, en citant des sources militaires russes, que Moscou avait refusé la proposition française d'un remboursement de 785 millions d'euros, conditionnée au feu vert de la Russie à la revente des Mistral à un pays tiers, et réclamait 1,163 milliard d'euros d'indemnisation. Le responsable russe interrogé par Reuters a confirmé ces chiffres.

Conclue en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la vente à la Russie de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) est estimée à 1,2 milliard d'euros.

Discussions à l'amiable

Interrogé lui aussi sur des informations du "Kommersant", le porte-parole du Kremlin a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un sujet de désaccord majeur entre les deux pays. "Le principe est le suivant: soit les bateaux, soit l'argent", a résumé Dmitri Peskov, ajoutant que Vladimir Poutine et François Hollande s'étaient entendus sur ce point lors d'un entretien le mois dernier en Arménie.

Il n'a pas souhaité commenter directement les informations de "Kommersant", selon lequel Paris souhaite en outre que la revente ait lieu avant le remboursement. Un haut responsable du ministère russe de la Défense a en revanche confirmé que la Russie s'opposait, en l'état, à ce que les navires soient revendus.

De source française, on indique que "des discussions à l'amiable sont en cours sur les conditions et l'avenir du contrat" sans donner plus de précisions sur leur avancement.