Finlande: la police prête à arrêter l'ancien président catalan Puigdemont

Carles Puigdemont s'est rendu en Finlande jeudi pour y rencontrer des parlementaires. La police a fait savoir samedi qu'elle était prête à l'arrêter sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne. Cependant, elle ne sait pas si le Catalan est toujours dans le pays.

24 mars 2018, 15:30
Vendredi, le juge de la Cour suprême chargé de l'enquête a inculpé formellement treize dirigeants indépendantistes pour "rébellion" (archives).

La police finlandaise a fait savoir samedi qu'elle était prête à arrêter l'ancien président catalan Carles Puigdemont, sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne. Elle a toutefois précisé ne pas savoir s'il se trouvait toujours dans le pays.

Carles Puigdemont, actuellement exilé en Belgique, s'est rendu en Finlande jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l'université d'Helsinki. Il devait quitter la Finlande samedi après-midi mais personne ne savait dans la matinée où il se trouvait.

"La Finlande a reçu un mandat d'arrêt européen pour un citoyen espagnol en visite en Finlande. Son cas sera traité selon la procédure d'extradition standard", a déclaré le Bureau national finlandais des enquêtes criminelles, dans un communiqué. "Les autorités ne savent pas où se trouve cette personne", précise le texte.

 

 

Demande d'informations

Plus tôt dans la journée, la police finlandaise avait indiqué avoir contacté, à la demande du procureur, les autorités espagnoles pour obtenir des informations supplémentaires sur le mandat émis à l'encontre de M. Puigdemont.

La police finlandaise n'a aucune obligation d'arrêter Carles Puigdemont tant qu'elle n'aura pas reçu ces informations supplémentaires, avait expliqué un responsable du Bureau national finlandais des enquêtes criminelles, Hannu Kautto.

L'avocat de l'ancien président catalan, Jaume Alonso Cuevillas, a assuré pour sa part à Radio Catalunya que son client ne chercherait pas à échapper à l'arrestation. "Quand le mandat d'arrêt européen avait été émis (une première fois), il s'était mis à la disposition de la justice belge et de la police, et il ferait de même maintenant", a ajouté l'avocat.

Débat suspendu au parlement catalan

En Catalogne, le président du parlement catalan a suspendu le débat pour investir un président régional, au lendemain de l'incarcération du candidat à ce poste Jordi Turull et de quatres autres indépendantistes, tous inculpés pour rébellion.

"Le candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan) est en prison avec d'autres députés de cette chambre", a constaté Roger Torrent à l'ouverture des débats. "Il est évident que dans ces conditions la session ne peut pas avoir lieu".

Le premier vote d'investiture a eu lieu jeudi mais bien que les indépendantistes disposent de la majorité absolue au parlement, M. Turull n'a pas pu être élu, faute de l'appui du parti séparatiste le plus radical. Il devait se soumettre ce samedi à un deuxième vote.

Vendredi, le juge de la Cour suprême chargé de l'enquête a inculpé formellement treize dirigeants indépendantistes pour "rébellion". Il a écroué cinq d'entre eux, dont Jordi Turull.

Les décisions de la Cour suprême sont un coup très dur pour les dirigeants indépendantistes: au total, 25 d'entre eux seront jugés pour rébellion, malversation et désobéissance. Neuf sont désormais en détention préventive et six autres font l'objet de mandats d'arrêt internationaux après être partis à l'étranger, dont M. Puigdemont.