Fillon et Copé négocient une sortie de crise

A la veille d'une date butoir fixée par Nicolas Sarkozy, les rivaux pour la tête de l'UMP Jean-François Copé et François Fillon se sont retrouvés à deux reprises lundi. Ils tentent de trouver un compromis sur les modalités d'un nouveau vote.
06 août 2015, 15:16
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Jean-François Copé et François Fillon se sont vus dans le bureau de l'ancien Premier ministre à l'Assemblée lundi, un peu plus d'une heure en fin de matinée et 45 minutes en début de soirée, à l'abri des médias. Ils négocient une sortie de crise sur la question d'un nouveau vote pour la présidence de l'UMP.

Ils sont convenus de se revoir mardi, a annoncé l'un des porte-parole de François Fillon, Jérôme Chartier, et n'excluent pas de poursuivre l'échange "peut-être dans les jours à venir". "Il n'y a pas d'échéance, il n'y a pas de date, il y a une volonté".
 
Partisans de l'ancien Premier ministre et du président proclamé de l'UMP se veulent optimistes sur les chances de succès de cette négociation de la dernière chance malgré l'officialisation du "Rassemblement-UMP" ("R-UMP", 72 membres), le groupe dissident de François Fillon à l'Assemblée nationale.
 
Appel à l'unité
 
Christian Jacob, le chef de file des députés UMP, ainsi que plusieurs responsables du parti, ont lancé un appel à l'unité pour éviter à l'opposition "le ridicule" d'une scission "mortifère" dans l'hémicycle face à la majorité de gauche.
 
Mais François Fillon, qui considère le "R-UMP" comme un outil de pression transitoire, est resté sourd à leurs invites. Il sera présent mardi matin à 10h00 à la conférence de présidents à l'Assemblée, a dit Jérôme Chartier.
 
Répartition des sièges dans l'hémicycle, temps de parole,...la division sera entérinée et François Fillon pourrait intervenir lors de la séance des questions au gouvernement qui débutera à 15h00, a-t-on précisé de sources parlementaires. "Ce groupe a pour vocation de disparaître, une fois qu'une solution sera trouvée", a assuré Jérôme Chartier.
 
Sarkozy "excédé"
 
François Fillon et Jean-François Copé "ont décidé de poursuivre directement leurs échanges, sans intermédiaire. C'est une grande évolution, en quelque sorte ça répond à la demande pressante de Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté.
 
L'ancien président, que ses proches décrivent comme "excédé", a enjoint vendredi aux deux adversaires de sortir de l'impasse dans les meilleurs délais.
 
Les rivaux, dont l'inimitié a éclaté à la faveur de la crise, "ont tout mis sur la table", a dit Jérôme Chartier, évoquant la vie et le fonctionnement interne de l'UMP. "Nous n'en sommes pas aux sujets qui bloquent", a-t-il toutefois souligné.
 
Interrogé sur d'éventuelles avancées lors de cette première prise de contact, le député "filloniste" s'est refusé à tout commentaire: "Ils gardent cela dans le secret de leur discussion". S'ils s'accordent désormais sur la nécessité d'un nouveau vote, leurs positions paraissent irréconciliables sur le calendrier.
 
Trouver une date
 
L'ex-secrétaire général de l'UMP, qui se juge légitimement élu pour trois ans, propose de remettre son mandat en jeu après les élections municipales de 2014 alors que l'ex-Premier ministre, qui conteste un vote selon lui entaché d'irrégularités, juge cette échéance trop lointaine. Un délai de trois mois maximum est évoqué.
 
Jean-François Copé prône toujours un référendum - option écartée par les fillonistes - qui porterait à la fois sur la réélection du président et une réforme des statuts du parti créé en 2002.
 
"Le délai doit être raisonnable", a déclaré Bernard Accoyer sur BFM TV. "Se mettre d'accord sur le vote, ça paraît être fait, se mettre d'accord sur la date, c'est urgent", a ajouté l'ancien président de l'Assemblée, soutien de François Fillon.
 
Luc Chatel convient de la nécessité d'une solution d'urgence. "Nous sommes capables en quelques mois de reconquérir le coeur des Français. Si au contraire demain le groupe éclate en direct, dans six mois vous aurez un deuxième parti", a-t-il expliqué sur Radio Classique. "Dans quatre ans, vous aurez deux candidats à la présidentielle, et au deuxième tour de la présidentielle, vous aurez Marine Le Pen".