Explosion dans une manifestation à Bangkok: au moins 30 blessés

De nouvelles explosions ont blessé une trentaine de manifestants dimanche à Bangkok. Vendredi déjà, Une bombe jetée dans le défilé d'anti-gouvernementaux avait tué un manifestant et fait 35 blessés.

19 janv. 2014, 09:36
Vendredi déjà, l'explosion d'une grenade avait tué un manifestant et fait 35 blessés.

Une trentaine de personnes ont été blessées dimanche à Bangkok lors d'une nouvelle attaque contre des manifestants antigouvernementaux. Cet événement renforce les craintes d'une escalade de la violence deux jours après qu'un engin explosif a tué une personne lors d'un défilé.

Deux explosions et des tirs ont eu lieu dimanche après-midi au Monument de la Victoire, une des intersections du centre-ville occupées par les manifestants. Ceux-ci réclament depuis plus de deux mois le départ de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Selon le centre de secours Erawan, 28 personnes ont été blessées, dont au moins une par balle. Un haut responsable du ministère de la Santé, Suphan Srithamma, a précisé que sept d'entre elles étaient "grièvement" blessées. Le journal "Post Today" a d'autre part indiqué sur son site internet qu'une de ses journalistes faisait partie des victimes.

"Un premier engin explosif a été lancé sur une tente derrière la scène où j'étais assis. J'étais probablement la cible", a déclaré à la presse Thavorn Senniem, un des leaders du mouvement. Celui-ci a indiqué que les "suspects" pourchassés par la foule avaient ensuite lancé un deuxième engin et tiré, avant de s'enfuir à moto.

"Système Thaksin"

Les manifestants, alliance hétéroclite des élites de Bangkok, d'ultra-royalistes et d'habitants du Sud, réclament la tête de Yingluck et la fin de ce qu'ils appellent le "système Thaksin", du nom de son frère Thaksin Shinawatra, qu'ils associent à une corruption généralisée et qu'ils accusent de gouverner par son intermédiaire depuis son exil.

Tirs ou provocations lors des mouvements de rue ne sont pas une première dans ce pays habitué aux violences politiques. Depuis le début de cette crise, on dénombre déjà fait neuf morts, la plupart abattus dans des circonstances troubles.

Explosion dans un défilé

Le dernier incident grave avait eu lieu vendredi, lorsqu'un engin apparemment de type grenade avait explosé dans un défilé auquel participait le leader du mouvement Suthep Thaugsuban, faisant un mort et une quarantaine de blessés.

Mais avant vendredi, les incidents s'étaient produits la nuit dans des campements de manifestants, et pas en plein jour au milieu de rassemblements de centaines de personnes.

Les deux camps se rejettent généralement la responsabilité des incidents. "Ils nous attaquent presque tous les jours et presque toutes les nuits", a dénoncé dimanche M. Suthep, accusant le gouvernement d'être derrière ces violences.

"Quel que soit le nombre de tirs ou de bombes, ils ne peuvent pas tuer tous les Thaïlandais", a-t-il ajouté, appelant à poursuivre le combat et à l'étendre dans les provinces du sud à partir de lundi.

L'opposition accusée

L'opposition est accusée par certains de chercher à provoquer des violences pour forcer les militaires à organiser un nouveau coup d'Etat, alors que le puissant chef de l'armée de terre a récemment refusé d'exclure un putsch.

"Le (parti au pouvoir) Puea Thai est très inquiet, nous condamnons la violence", a déclaré dimanche Noppadon Pattama, conseiller de M. Thaksin, évoquant des personnes désireuses de "créer le chaos, comme prétexte à une intervention militaire".

Après avoir occupé ou assiégé ministères et administrations ces dernières semaines, des dizaines de milliers de manifestants ont lancé lundi dernier une opération de "paralysie" de la capitale pour intensifier leur pression.

Mobilisation en baisse

Alors que l'opération va entrer dans sa deuxième semaine, la mobilisation semble avoir diminué, même si plusieurs carrefours stratégiques sont toujours occupés.

Pour tenter de sortir de la crise, Mme Yingluck a convoqué des élections législatives anticipées pour le 2 février, mais les manifestants ne veulent pas de ce scrutin, qui a toutes les chances d'être remporté par le Puea Thai. De son côté, le Parti démocrate, principal parti d'opposition, le boycotte.