Etudiants disparus au Mexique: le siège du gouvernement de Guerrero incendié

Des centaines de manifestants s'en sont pris lundi au siège du gouvernement de l'Etat de Guerrero, dans le sud du Mexique. Les protestataires exigent que les 45 étudiants disparus plus de deux semaines auparavant soient retrouvés dans les plus brefs délais.
07 août 2015, 14:20
Les bâtiments officiels ont été partiellement incendiés par les manifestants.

Des centaines d'étudiants et d'enseignants ont partiellement mis à sac et incendié lundi le siège du gouvernement de l'Etat de Guerrero, dans le sud du Mexique. Ils protestent pour exiger la localisation de 45 étudiants disparus depuis plus de deux semaines.

Les manifestants ont fait irruption dans les bâtiments officiels, situés à Chilpancingo, capitale de l'Etat de Guerrero, brisé des vitres et mis le feu à une partie du complexe qui continuait de brûler lundi en fin d'après-midi. Une trentaine d'employés qui étaient à l'intérieur des bâtiments en sont sortis sains et saufs, selon une source des autorités judiciaires locales.

Les manifestants ont réclamé la démission du gouverneur de l'Etat, Angel Aguirre, avant de se retirer, laissant la place aux pompiers. Ces attaques contre l'administration sont intervenues après une série d'affrontements entre la police et les manifestants armés de pierres et de bâtons aux portes du Parlement local. Cinq enseignants et deux policiers ont été blessés, selon un correspondant de l'AFP.

Les élèves de l'école normale d'Ayotzinapa, près de Chilpancingo, appuyés par des enseignants, protestent contre la disparition de 43 de leurs condisciples le 29 septembre à Iguala, à 100 km de Chilpancingo. Ils étaient, selon plusieurs témoins, aux mains de la police locale, secondée par des hommes armés qui pourraient être des membres du groupe criminel local des Guerreros Unidos.

Les autorités enquêtent pour vérifier si les étudiants ont été assassinés puis enterrés dans des fosses clandestines trouvées près d'Iguala, à 200 km au sud de Mexico. Elles ont arrêté 34 personnes, dont 26 policiers accusés de collusion avec le crime organisé, dans cette affaire dont les suites ont déjà fait six morts et 25 blessés lors de la nuit de violences du 26 septembre.