Etats-Unis: les violences raciales comparées aux lynchages par des experts de l'ONU

Les violences raciales aux Etats-Unis préoccupent l'ONU. Des experts demandent la mise en place d'enquêtes indépendantes dans ce genre d'affaires. Selon eux, les procureurs seraient trop liés aux policiers.
27 sept. 2016, 16:31
Les violences raciales créent des tensions aux Etats-Unis.

Les violences policières à l'encontre des Afro-américains ont besoin d'un mécanisme d'investigations indépendant, selon des experts de l'ONU. L'un d'entre eux a comparé mardi à Genève les récents incidents aux "lynchages" de la ségrégation.

Les procureurs sont souvent trop liés aux policiers aux Etats-Unis, a dit devant la presse le président du Groupe de travail sur les personnes d'ascendance africaine Ricardo Sunga. Parmi les reproches lancés après la visite début 2016 aux Etats-Unis du Groupe, la majorité des procédures sont menées au début par les commissariats où travaille le policier incriminé.

Les procureurs peuvent largement choisir quand et comment ils présentent les charges. Et plusieurs pratiques aux Etats-Unis ne respectent pas les standards internationaux. M. Sunga a condamné les meurtres "continuels" et les violences policières à l'égard des Afro-américains.

 

"Les tueries policières" et "le traumatisme" qu'elles ont provoqué constituent des "réminiscences du terrorisme racial" lié aux lynchages dans le passé. Dans son rapport présenté lundi au Conseil des droits de l'homme, il recommande que tous les cas d'usage excessif de la force soient l'objet d'investigations indépendantes.

Mardi, M. Sunga a précisé qu'un mécanisme national devait être établi. Plus largement, le Groupe de travail reste "extrêmement préoccupé" par les critères raciaux rampants dans les pratiques des policiers et les inégalités raciales aux Etats-Unis.

Il recommande des excuses ou d'autres formes de réparations aux descendants des Afro-américains exploités par la contrainte pendant des décennies aux Etats-Unis. "L'impunité pour la violence d'Etat" a provoqué la crise des droits de l'homme actuelle, selon lui. Il appelle à une action urgente.