Etats-Unis: les Pays-Bas à la rescousse du droit à l'avortement américain

Les Pays-Bas tentent de sauver le droit à l'avortement aux Etats-Unis. Ils financeront le manque à gagner dû au décret signé cette semaine par Donald Trump.

28 janv. 2017, 21:39
De part le monde, les manifestations pour le droit à l'avortement, réprimé par Donald Trump, font rage dans les rues.

Les Pays-Bas ont lancé samedi le site internet du fonds international mis en place pour compenser l'arrêt du financement américain d'ONG soutenant l'avortement. Ils ont promis une première donation de dix millions d'euros, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

Le nouveau président américain a signé lundi un décret interdisant le financement par Washington de ces organisations non gouvernementales (ONG) internationales. Le lendemain, les Pays-Bas avaient pris "l'initiative d'un fonds international pour offrir aux femmes dans les pays en voie de développement l'accès à de bonnes informations, à des moyens contraceptifs et à l'avortement".

"Nous avons reçu des milliers de réponses, venant de 150 pays, dans 23 langues", a expliqué le ministère des affaires étrangères dans un communiqué publié sur son site internet. "Beaucoup exprimaient l'envie d'effectuer une donation".

Un "énorme trou" à boucher

Le site "shedecides.eu" (en français, "elle décide") offre des informations sur le fonds ainsi que des numéro de comptes bancaires pour effectuer des donations en euros et en dollars. Selon le ministère, c'est un montant de 600 millions d'euros annuels qui s'envole après la décision de M. Trump.

"C'est un énorme trou, qui ne peut être rempli qu'avec l'aide d'une ferme réponse internationale, de la part de gouvernements, d'ONG, de citoyens", assure la ministre néerlandaise de la Coopération au développement Lilianne Ploumen, citée dans le communiqué.

"Pour empêcher que les femmes et les filles ne soient abandonnées, car elles aussi doivent pouvoir décider elles-mêmes si elles veulent des enfants, avec qui et quand", a-t-elle ajouté. Le gouvernement néerlandais a décidé d'apporter une contribution de dix millions d'euros, "même si beaucoup plus d'argent est nécessaire".

Selon l'organisation Marie Stopes International, citée par Mme Ploumen, l'arrêt des subventions américaines engendreront en quatre ans 6,5 millions de grossesses non désirées, 2,1 millions d'avortements à risques et la mort évitable de 21'700 mères.