États-Unis: le Sénat s'attaque à la réforme de l'immigration

Aux États-Unis, le Sénat va se concentrer sur le cas des "Dreamers", les jeunes immigrés menacés d'expulsion. Selon Donald Trump, il y aurait "de grandes chances" qu'un accord naisse entre démocrates et républicains.

13 févr. 2018, 07:21
Le sort de près de deux millions d'immigrés se joue à partir de lundi au Sénat américain.

Le sort de près de deux millions d'immigrés se joue à partir de lundi au Sénat américain. Ce dernier doit accoucher d'une grande loi sur l'immigration dans l'urgence et dans un climat de tension.

Ces immigrés sont arrivés illégalement sur le territoire américain avec leurs parents alors qu'ils étaient enfants. Quelque 690'000 d'entre eux - surnommés "Dreamers" (rêveurs) - sont protégés de l'expulsion depuis 2012 par un statut précaire, le décret "Daca" de Barack Obama. Les autres ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles.

Mais Donald Trump a abrogé le Daca en septembre 2017 et a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour régler définitivement la question. "Nous démarrons des discussions très sérieuses sur le Daca aujourd'hui", a affirmé lundi M. Trump, assurant qu'il existait "de grandes chances de voir un accord (...) si les démocrates sont sérieux et le veulent vraiment".

 

 

Trop loin

La sécurité aux frontières et la lutte contre l'immigration illégale sont les priorités du président républicain. Il a ainsi promis à de nombreuses reprises de construire un mur à la frontière avec le Mexique, mais a besoin de fonds pour le financer, ce que les démocrates répugnent à accepter.

Pour les obtenir, des républicains présentent un projet de loi qui reprend les annonces faites par la Maison Blanche fin janvier et une concession de taille: un processus de naturalisation pour 1,8 million de personnes, qui doit durer 10 à 12 ans sous de nombreuses conditions. Les démocrates demandaient la régularisation des 690'000 "Dreamers".

 

 

Mais cette concession républicaine s'accompagne de contreparties qui hérissent une bonne partie de l'opposition: un engagement de financement de 25 milliards de dollars pour la construction du mur et une forte baisse de l'immigration légale (abrogation de la loterie de cartes vertes, fin du regroupement familial élargi). M. Trump souhaite une immigration fondée "sur le mérite".