Etats-Unis: le Congrès vote une loi anti-avortement

La Chambre américaine des représentants a adopté jeudi une loi interdisant l'utilisation de fonds publics fédéraux pour des avortements ou des assurances incluant l'avortement. Jeudi marquait paradoxalement le 42e anniversaire de la légalisation de l'IVG aux Etats-Unis.

23 janv. 2015, 07:19
La Chambre des représentants avait déjà adopté jeudi ce budget pour 2014 et 2015.

La Chambre américaine des représentants, dominée par les républicains, a adopté jeudi une proposition de loi qui pérenniserait l'interdiction de l'utilisation de fonds publics fédéraux pour des avortements ou des assurances incluant l'avortement. Elle l'a fait le jour de l'anniversaire de la légalisation de l'IVG.

Depuis plus de 35 ans, le Congrès a interdit par des mesures régulièrement reconduites l'usage de fonds fédéraux pour subventionner des procédures d'avortement. Mais la proposition de loi adoptée jeudi, par 242 voix contre 179, rendrait ces interdictions permanentes.

Le texte a peu de chance d'être adopté par le Sénat, où les démocrates ont une minorité de blocage. La Maison Blanche a quant à elle déjà brandi la menace d'un veto présidentiel.

Affaire Roe v. Wade

Mais les républicains au pouvoir au Congrès entendaient marquer le 42e anniversaire de la décision historique de la Cour suprême légalisant l'avortement aux Etats-Unis, dans l'affaire Roe v. Wade.

Parallèlement, une manifestation rassemblait des milliers de personnes "pour la vie" dans les rues de Washington, comme chaque année. "Il s'agit d'êtres humains, plus de 56 millions d'enfants depuis Roe v. Wade, à qui on a refusé le droit de vivre", a déclaré le chef de la majorité républicaine, Kevin McCarthy. "Nous sommes ici pour eux, et pour que chaque personne dispose du droit le plus fondamental qui soit, celui de vivre".

Les démocrates et défenseurs du droit à l'avortement ont dénoncé une menace grave, notamment car la loi aurait un impact sur le marché privé des assurances santé, au-delà des restrictions actuelles sur les assurances publiques disponibles pour les plus modestes.