Etat islamique: le Japon exige la libération du deuxième otage

Un des otages japonais retenus par l'Etat islamique a été exécuté. Le Premier ministre nippon et le président américain ont exigé "la libération immédiate" du deuxième otage.

25 janv. 2015, 08:44
Japanese Prime Minister Shinzo Abe speaks after an emergency Cabinet meeting following a new message purported to be from the Islamic State group, at his official residence in Tokyo early Sunday, Jan. 25, 2015. Japanese officials are working to verifying the new message purported to be from the Islamic State group holding two Japanese hostages. The Associated Press could not verify the contents of the message, which varied greatly from previous videos released by the Islamic State group, which now holds a third of both Syria and Iraq. (AP Photo/Kyodo News) JAPAN OUT, CREDIT MANDATORY

Japon, Etats-Unis et Grande-Bretagne ont fermement condamné samedi et dimanche l'exécution sommaire d'un Japonais otage du groupe Etat islamique (EI). Le Premier ministre nippon et le président américain ont exigé "la libération immédiate" du deuxième Japonais aux mains des djihadistes.

"Un tel acte de terrorisme est ignoble et inadmissible, je le condamne avec la plus grande fermeté", s'est indigné Shinzo Abe. Les responsables des principaux partis politiques japonais ont de même exprimé dimanche leur profonde indignation face à ce meurtre.

M. Abe a exprimé ses condoléances à la famille de son compatriote assassiné, Haruna Yukawa (vraisemblablement enlevé en Syrie en août dernier), et de nouveau exigé que soit relâché sans délai l'otage restant, le journaliste Kenji Goto, probablement capturé par l'EI fin octobre.

Barack Obama a déclaré de son côté que les Etats-Unis se tenaient "aux côtés de leur allié japonais et applaudissaient le dévouement du Japon pour la paix et pour le développement" dans une région loin de ses frontières.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté estimé que "le meurtre brutal présumé de Haruna Yukawa et les autres menaces faites par l'EI rappellent une nouvelle fois la barbarie meurtrière de ces terroristes". Et le président français François Hollande a salué "l'engagement déterminé du Japon dans la lutte contre le terrorisme international".

Vidéo hautement crédible

Bien que des doutes ait été initialement exprimés sur l'authenticité de la vidéo mise en ligne pour annoncer la mort de M. Yukawa, le Premier ministre Abe a jugé qu'elle était hautement crédible. "Nous avons examiné attentivement ces images et des analyses se poursuivent, mais nous ne pouvons, hélas, que penser que leur crédibilité est élevée", a dit M. Abe dimanche matin.

D'une durée de près de trois minutes, cette vidéo montre une image fixe de M. Goto en tunique orange tenant dans les mains une photo de ce qui semble être le corps de M. Yukawa.

La directrice de SITE, centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance djihadiste, avait affirmé plus tôt que ce document "a bien été diffusé par l'EI", même s'"il ne présente pas les mêmes caractéristiques que les précédentes vidéos de décapitation. Le montage a visiblement été fait à la hâte et il manque les habituels logos d'Al-Furqan media foundation, bras armé médiatique de l'EI".

Sauver le 2e otage

Ce nouveau développement est intervenu moins de deux jours après l'expiration de l'ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l'EI. Ces derniers menaçaient d'exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars.

Le gouvernement japonais, qui subit aussi la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a sans cesse réaffirmé sa détermination à "ne pas céder aux menaces terroristes", ainsi que son engagement à le combattre, avec d'autres pays. Et ce même si le Japon ne peut fournir que des soutiens non militaires, du fait de l'interdiction constitutionnelle de passer à l'offensive.

La priorité du gouvernement Abe est désormais de sauver Kenji Goto. Les spécialistes de l'islam et médias insistent sur le rôle-clé que pourrait surtout jouer la Turquie, et peut-être aussi la France. Cette dernière est parvenue à faire libérer l'an dernier quatre journalistes enlevés par l'EI.