Etat islamique: l'OTAN discutera de la Syrie avec le Kremlin

L'OTAN s'est dite "prête" à discuter du dossier syrien avec la Russie. Le secrétaire général Jens Stoltenberg a souligné la nécessité d'une coordination pour éviter tout "incident ou accident" entre les forces russes en Syrie et la coalition conduite par les Etats-Unis.

27 sept. 2015, 21:54
L'OTAN aura des discussions avec la Russie pour traiter du conflit syrien.

Interrogé par l'agence Reuters en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, l'ancien Premier ministre norvégien juge qu'il est encore "trop tôt" pour savoir quels sont les projets de Moscou en Syrie. "Evidemment, il est nécessaire de s'assurer qu'il n'y ait pas d'incident ou d'accident et qu'il y ait des mécanismes pour réduire les risques de conflit ("de-conflicting") dus à l'accroissement de la présence militaire russe alors que la coalition poursuit sa lutte contre l'Etat islamique".

Jens Stoltenberg, qui rencontrera lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à New York, a appelé la Russie "à jouer un rôle constructif et à coopérer dans la lutte contre l'EI". Mais soutenir le président syrien Bachar al Assad, comme le font les Russes, "n'est pas une contribution constructive à la recherche d'une solution".

Cameron campe sur sa position

Le Premier ministre britannique David Cameron a, lui aussi, appelé à intensifier les discussions sur une transition politique en Syrie. M. Cameron, qui parlait à des journalistes à bord de l'avion le conduisant à New York, a souligné que le président syrien Bachar al-Assad "ne pouvait pas faire partie de l'avenir" de son pays. Mais selon la BBC, M. Cameron pourrait abandonner son opposition à ce que Bachar joue un rôle quelconque dans un gouvernement de transition.

"Assad ne peut pas faire partie de l'avenir de la Syrie, et cette position n'a pas changé", a déclaré M. Cameron, selon des propos rapportés par l'agence Press Association. "Il est le boucher de son peuple. Il a contribué à créer ce conflit et la crise migratoire. Il est l'un des sergents recruteurs de l'Etat islamique".

"A l'évidence, il est très important d'avoir des discussions sur la manière d'amener une transition, et c'est sur cela que nous devons insister davantage", a ajouté le Premier ministre britannique.

Pool du renseignement

Autre élément important dans ce dossier: l'Irak, la Russie, l'Iran et la Syrie ont décidé de mettre sur pied un centre de renseignement à Bagdad pour lutter plus efficacement contre l'EI, a indiqué dimanche un responsable irakien. Washington a immédiatement critiqué la participation de la Syrie de Bachar al-Assad dans ce projet.

Bagdad voit dans la création de ce centre une chance pour l'aider à harmoniser la lutte contre l'Etat islamique. "Il s'agit d'une commission de coordination entre quatre pays (...) dans le cadre du renseignement militaire dont le but est de partager et d'analyser l'information", a déclaré à l'AFP Saad Al-Hadithi, porte-parole du gouvernement du Premier ministre irakien Haider al-Abadi.