Espagne: grève générale "féministe" sans précédent pour défendre l'égalité salariale

À travers toute l'Espagne, les femmes se sont mobilisées pour faire valoir leurs droits et défendre, entre autres, l'égalité salariale. Près de 300 trains ont été annulés alors que les rassemblements se sont formés dans plusieurs villes pendant l'arrêt de travail à la mi-journée.

08 mars 2018, 18:49
L'Espagne s'est mobilisée jeudi pour les droits des femmes avec une grève générale "féministe".

Grève du métro et des trains, piquets devant les grands magasins, présentatrices-vedettes absentes des médias: l'Espagne s'est mobilisée jeudi pour les droits des femmes avec une grève générale "féministe". D'autres pays comme la France et l'Italie ont aussi participé activement à cette journée.

L'appel des syndicats et des organisations féministes a été entendu en Espagne. L'objectif était de défendre l'égalité salariale et de dénoncer le harcèlement ou la violence faite aux femmes.

Les deux principaux syndicats, UGT et CCOO, avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures, observé selon leurs estimations par 5,3 millions de personnes à travers le pays. Dix autres syndicats ont aussi incité leurs sympathisantes à faire grève toute la journée, inspirée d'un mouvement similaire organisée en Islande en 1975.

 

 

Sans voix féminines

La radio la plus écoutée des Espagnols, la Cadena Ser, a ainsi perdu ses voix féminines jeudi. Les stars des émissions matinales de télévision étaient aux abonnés absents. Et les femmes journalistes ont déserté la rédaction du premier quotidien espagnol El Pais.

Près de 300 trains ont par ailleurs été annulés et des rassemblements se sont formés dans une multitude de villes pendant l'arrêt de travail à la mi-journée.

Parmi les grévistes, Paula, employée de banque de 39 ans rencontrée à Madrid, a indiqué faire grève pour la première fois de sa vie. "Beaucoup d'entre nous avons renoncé à des promotions pour nous consacrer à la maison et à la famille", a expliqué cette mère avec quatre enfants à charge. Elle reproche au monde de l'entreprise de ne toujours pas permettre de concilier maternité et travail.

"Je suis asphyxiée", affirmait de son côté Eva, 48 ans, disant assurer un travail à temps partiel de femme de ménage payé 700 euros mensuels et passer le reste de sa journée à s'occuper de sa mère malade et de ses deux enfants. Elle a manifesté face à une grande enseigne commerciale de l'avenue Gran Via à Madrid, où les grévistes ont exceptionnellement appelé à ne pas consommer afin de ne pas obliger autant les vendeuses que les caissières à travailler.