Egypte: peines de prison allégées pour 8 participants à un "mariage gay"

Huit jeunes hommes accusés d'être apparus dans la vidéo d'un "mariage gay" ont été condamnés à un an d'emprisonnement au lieu de trois.

27 déc. 2014, 14:45
65503588

Une cour d'appel égyptienne a réduit samedi de 3 à un an de prison la peine de huit jeunes hommes accusés d'être apparus dans la vidéo d'un "mariage gay", relayée sur les réseaux sociaux. Ils avaient été condamnés en novembre pour "publication d'images indécentes" mais blanchis de l'accusation "de pratique et incitation à la débauche".

Le nouveau verdict a été annoncé par un responsable judiciaire aux familles des condamnés qui patientaient dans l'angoisse dans une salle d'audience d'un tribunal du Caire, selon un journaliste de l'AFP. Les familles, qui s'attendaient à un acquittement, ont crié et pleuré à l'annonce du verdict, susceptible d'appel devant la Cour de cassation.

Ces huit personnes avaient été arrêtées en septembre après leur apparition dans une vidéo montrant deux hommes échangeant des alliances en petit comité, sur un bateau, entourés d'amis qui chantaient et lançaient des youyous. La vidéo avait ensuite été partagée par de nombreux internautes sur Facebook, Twitter et YouTube.

Les avocats de la défense n'ont eu de cesse d'affirmer que leurs clients n'étaient pas gays et ont accusé le tribunal d'avoir cédé face à la pression populaire, dans un pays conservateur où l'homosexualité est mal vue.

Avant son arrestation, un des condamnés avait affirmé sur une chaîne de télévision privée que la vidéo avait été filmée durant un anniversaire.

"Fête déviante"

La loi égyptienne n'interdit pas formellement l'homosexualité, mais plusieurs personnes ont été condamnées pour "débauche" ces dernières années, accusées d'avoir pris part à des fêtes rassemblant des homosexuels. Ces affaires ont défrayé la chronique dans des médias égyptiens prompts à les dénoncer, voire à publier des photos.

Trois Egyptiens ont ainsi écopé en avril de huit ans de prison pour avoir, selon les autorités, organisé "une fête déviante" et pratiqué "la débauche".

L'ONG Human Rights Watch accusait de son côté en septembre les autorités égyptiennes d'avoir "à plusieurs reprises arrêté, torturé et détenu des hommes soupçonnés de conduite homosexuelle".