Egypte: 200 jihadistes d'Ansar Beit al-Maqdess seront jugés

Deux cents membres d'Ansar Beit al-Maqdess, notamment soupçonnés d'attentats meurtriers contre les forces de l'ordre, seront prochainement jugés pour "terrorisme" en Egypte.

10 mai 2014, 20:48
Mohammed Badie (centre), aux côtés de Saad Katatni et Mahdi Akef, durant leur procès.

Deux cents membres du groupe jihadiste le plus actif en Egypte, Ansar Beit al-Maqdess, seront prochainement jugés pour "terrorisme", ont indiqué samedi des sources judiciaires. Ils sont notamment soupçonnés d'attentats meurtriers contre les forces de l'ordre.

Sur les 200 accusés de ce premier procès de masse de jihadistes, pour lequel aucune date n'a encore été fixée, 102 sont actuellement en détention. Au total, les accusés doivent répondre de la mort de 40 policiers et de 15 civils.

Ils sont inculpés "d'appartenance à une organisation terroriste, d'actes criminels et terroristes et d'attaques contre des QG de la police au Caire, dans le delta du Nil et dans le Sinaï, ainsi que de l'assassinat d'au moins trois hauts gradés".

Soutien des Frères musulmans

Depuis la destitution en juillet 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, élu démocratiquement un an plus tôt, Ansar Beit al-Maqdess, qui dit s'inspirer d'Al-Qaïda, est le fer de lance des attaques presque quotidiennes contre les forces de l'ordre.

Selon des sources judiciaires, l'enquête a révélé que M. Morsi communiquait avec des dirigeants du groupe durant sa présidence. Depuis sa destitution, les autorités accusent sa confrérie des Frères musulmans d'être derrière les attaques d'Ansar Beit al-Maqdess, ce que l'influent mouvement de l'islam politique a toujours nié.

Les 200 hommes sont en outre accusés d'espionnage au profit du Hamas palestinien, au pouvoir dans la bande de Gaza, frontalière de la péninsule du Sinaï où Ansar Beit al-Maqdess a sa base arrière.

"Organisation terroriste"

Ansar Beit al-Maqdess ("Partisans de Jérusalem") a été formé après la révolte de 2011 qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak. Le groupe focalisait alors ses attaques contre Israël, vers lequel il a revendiqué plusieurs tirs de roquette.

Il a été déclaré "organisation terroriste" par les nouvelles autorités dirigées de facto par l'armée, ainsi que par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Depuis l'éviction de M. Morsi, plus de 1400 personnes (en majorité des manifestants pro-Morsi) ont été tuées dans la répression et quelque 15'000 arrêtées. En outre, des centaines d'accusés, présentés comme pro-Morsi, ont été condamnés à la peine capitale à l'issue de procès expéditifs.