Du champagne immergé en Baltique pour étudier son vieillissement

Enfermés dans une cage d'acier, quelque 300 bouteilles de champagne ont été immergées par 40 mètres de fond dans la mer Baltique pour étudier le processus de vieillissement. Cette opération doit durer au moins 30 ans.

26 juin 2014, 17:08
Les 250 bouteilles issues de plusieurs crus et les 50 magnums ont été descendus le 18 juin dernier par les plongeurs au fond de la Baltique.

Quelque 300 bouteilles de champagne ont été immergées par 40 mètres de fond dans la mer Baltique au large de l'archipel d'Âland (Finlande) pour étudier le processus de vieillissement, a-t-on appris auprès de la maison Veuve Clicquot.

"C'est une mer très peu salée ce qui limite la corrosion et cette profondeur offre des conditions de conservation idéales avec une eau à température constante d'environ 5 degrés dans l'obscurité complète", a expliqué Fabienne Moreau, l'historienne de la maison champenoise Veuve Clicquot.

"Il n'y a pas de courant à cet endroit et à 40 mètres la pression est légèrement inférieure à celle des bouteilles évitant ainsi les échanges avec le milieu ambiant", a poursuivi l'historienne.

Enfermés dans une cage d'acier, les 250 bouteilles issues de plusieurs crus et les 50 magnums ont été descendus le 18 juin dernier par les plongeurs au fond de la Baltique dans le secteur où avait été repêchée en 2010 une cargaison de champagne dans l'épave d'une goélette coulée au début du XIXe siècle.

Au total, 145 bouteilles de la maison Veuve Cliquot mais aussi Heidsieck et Juglar avaient été retrouvées dans l'épave, dont certaines ont depuis été vendues aux enchères. "La conservation exceptionnelle de ces bouteilles immergées pendant presque deux siècles nous avait stupéfait à la dégustation, ce qui nous a donné l'envie de poursuivre l'expérience", a souligné Mme Moreau.

Bouteilles témoins

Selon elle, l'opération baptisée "Cellar in the sea" doit durer au moins 30 ans avec la participation d'oenologues des universités de Reims et de Bordeaux. La même quantité de "bouteilles témoins" a été remisée dans une crayère traditionnelle à Reims et des prélèvements sont prévus régulièrement sur les deux stocks pour comparer l'évolution des vins.

En 2013, la maison de champagne Drappier avait mené une expérience similaire en immergeant pendant un an 600 bouteilles au large des côtes françaises dans l'Océan Atlantique par 15 mètres de fond.

"Nous avons fait lundi une dégustation à l'aveugle et tous les professionnels présents ont noté une différence entre les vins immergés et les échantillons témoins avec une nette préférence pour ceux qui ont séjourné dans l'océan", a expliqué à l'AFP Michel Drappier, propriétaire de la maison.

"Ces champagnes ont une bulle plus fine avec une belle effervescence et une plus grande complexité", a-t-il indiqué.