Deux solutions proposées au conflit sud-soudanais

Les partisans des deux camps ont reçu des propositions des pays médiateurs pour mettre fin au conflit meurtrier au Sud Soudan.

21 janv. 2014, 13:43
Le président du Sud Soudan Salva Kiir acceptera-t-il la libération de prisonniers politiques voulue par son adversaire comme préalable à tout cessez-le-feu?

Avant le sommet de jeudi à Juba sur le conflit au Soudan du Sud, les pays médiateurs ont soumis aux belligérants deux projets d'accord. Ils visent à mettre un terme aux combats qui ravagent le pays depuis mi-décembre.

Les deux textes, consultés par l'AFP, prévoient d'une part un engagement des parties à cesser les hostilités, d'autre part la libération de onze responsables politiques emprisonnés depuis le début des combats, le 15 décembre, entre forces loyales au président Salva Kiir et partisans de son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet.

La libération des onze détenus est l'un des points d'achoppement des pourparlers en cours à Addis Abeba sous la médiation de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement, bloc de sept pays est-africains). Les partisans de Riek Machar exigent leur libération avant tout cessez-le-feu.

Les chefs d'Etat de l'Igad, dont le président soudanais Omar el-Béchir, sont attendus jeudi à Juba, a confirmé mardi le porte-parole du ministère sud-soudanais des Affaires étrangères Mayen Makol.

Enjeu pour le Soudan

Il n'a pas précisé si figurait à l'ordre du jour la signature des projets d'accords destinés à mettre fin aux combats, qui ont fait des milliers de morts et un demi-million de déplacés en un peu plus d'un mois.

La fin des combats est cruciale pour le Soudan, dont l'économie dépend largement des redevances tirées du passage dans ses oléoducs du brut sud-soudanais. Depuis la partition du Soudan et l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, à l'issue d'une longue guerre civile (1983-2005) entre pouvoir soudanais et rébellion sudiste, Khartoum a perdu le contrôle de 75% de ses ressources pétrolières.

Le premier projet d'accord sur la cessation des hostilités prévoit que les belligérants s'engagent à "cesser immédiatement toutes les opérations militaires et à geler leurs forces à l'endroit où elles se trouvent", à "s'abstenir de toute action pouvant conduire à une confrontation militaire" et à cesser toute "campagne médiatique et de propagande".

Le texte spécifie également que les parties au conflit doivent "s'abstenir d'attaquer les populations civiles (...) de commettre des viols, des violences sexuelles et des tortures (...) de se livrer à des violences contre les enfants, les fillettes, les femmes et les personnes âgées", et cesser "les exécutions sommaires, les déplacements de population".

Rivalités ethniques

Selon l'ONU, de nombreuses atrocités, dont des crimes de guerre, ont été commises par les deux camps contre les populations civiles. A la rivalité politique entre MM. Kiir et Machar se greffent les antagonismes, hérités de la guerre civile, entre les peuples Dinka et Nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

Le second projet de texte prévoit que les deux parties exhortent le président Kiir à "gracier et libérer (...) afin de leur permettre de participer au dialogue" onze hauts responsables sud-soudanais arrêtés au début des combats sous l'accusation de tentative de coup d'Etat.

"Les parties acceptent de mettre en place un processus de réconciliation nationale ouvert à tous, dans lequel les détenus et autres acteurs politiques ont un rôle important à jouer", poursuit le texte.