Deux dirigeants khmers rouges condamnés à la prison à vie font appel

Condamnés pour crimes contre l'humanité à la perpétuité, les deux plus hauts dirigeants khmers rouges ont fait appel. Leur défense dénonce une "erreur judiciaire".
07 août 2015, 14:16
Khieu Samphan,chef de l'Etat khmer (ici lors de son procès en août dernier) et l'idéologue du régime Nuon Chea ont été condamnés pour crimes contre l'humanité à la prison à vie. Ils ont fait appel mardi.

Les deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants ont officiellement fait appel de leur condamnation à la prison à vie. Ils ont été jugés pour leur responsabilité dans des atrocités commises au Cambodge entre 1975 et 1979.

Condamnés en août pour crimes contre l'humanité par le tribunal de Phnom Penh parrainé par l'ONU, l'idéologue du régime Nuon Chea, 88 ans, et le chef de l'Etat du "Kampuchéa démocratique" Khieu Samphan, 83 ans, avaient immédiatement annoncé leur intention de faire appel.

Dans un document publié sur le site du tribunal lundi, la défense de Nuon Chea met en avant 223 motifs à cet appel, dénonçant une "erreur judiciaire". Les avocats de Khieu Samphan accusent également les juges d'avoir commis des erreurs et d'avoir conduit un procès injuste en présupposant que leur client était au courant des événements.

Les deux octogénaires, poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, comparaissent depuis 2011 pour leurs responsabilités dans la mort de deux millions de personnes, soit un quart de la population du Cambodge, d'épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions.

Alors que la procédure a été découpée pour obtenir au moins un jugement avant la mort des accusés, ce premier procès qui a duré deux ans s'est concentré sur l'évacuation forcée des villes en application d'une utopie marxiste visant à créer une société agraire, sans monnaie ni citadins. Les audiences en appel ne devraient pas commencer avant 2015, selon un porte-parole du tribunal.

Le deuxième procès de Nuon Chea et Khieu Samphan s'est ouvert officiellement fin juillet et doit reprendre le 17 octobre avec les déclarations liminaires de l'accusation.