Des noms de chocolats racistes créent la polémique

Le "bamboula" et le "négro", deux chocolats vendus dans une boutique française devront changer de nom, suite à des réactions d'associations antiracistes.

02 sept. 2014, 15:24
Des chocolats aux noms maladroits suscitent des réactions.

Une chocolaterie d'Auxerre, dans le centre de la France, va devoir changer le nom de deux de ses spécialités, le "bamboula" et le "'négro", vendues depuis plusieurs années. Ces appellations pas très heureuses ont suscité depuis lundi les protestations de deux associations antiracistes.

L'affaire a démarré lundi quand de nombreux internautes ont saisi le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et "Sortir du colonialisme" "à propos d'un magasin très spécial à Auxerre", selon les termes employés par ces associations.

Hommage aux tirailleurs sénégalais

En cause, deux produits vendus dans cette chocolaterie, du nom de "négro" et "bamboula". Face à la polémique, le commerce a expliqué lundi sur sa page Facebook qu'il s'agissait là de spécialités auxerroises vieilles d'un siècle, conçues à l'époque pour "rendre hommage" aux tirailleurs sénégalais blessés durant la guerre et à une danse africaine. Bref, "en aucun cas une injure ou un autre qualificatif raciste".

Ces explications n'ont pas convaincu le CRAN et "Sortir du colonialisme", qui ont dénoncé, mardi dans un communiqué, "un 'revival' de l'imagerie coloniale la plus nauséabonde" en exigeant que "la chocolaterie de la honte retire de la vente ces horreurs".

La chocolaterie a précisé qu'elle vendait le "négro" et le "bamboula" depuis 2009, et que les propriétaires précédents de la boutique avaient relancé ces spécialités une douzaine d'années auparavant. "On a un succès fou. J'en expédie dans toute la France et je n'avais jamais eu de souci avant hier après-midi (lundi, ndlr)", a déclaré l'une des responsables de la chocolaterie, qui évoque des "menaces" reçues par mail et par téléphone. Aussi, "pour calmer le jeu", la chocolaterie auxerroise va-t-elle changer le nom de ses produits dès que possible. Mardi, elle les avait déjà retirés de sa vitrine, craignant qu'on ne la brise.