Décès de Marcel Hanoun, cinéaste, théoricien du cinéma expérimental

Marcel Hanoun, cinéaste français et théoricien du cinéma expérimental, auteur de plus de 70 films, est décédé samedi à l'hôpital à Créteil, en banlieue parisienne, à l'âge de 82 ans, a-t-on appris dimanche. Une rétrospective de ses oeuvres sera organisée dans un cinéma parisien en octobre.

23 sept. 2012, 21:51

 

En mai 2010, la Cinémathèque française lui avait déjà consacré une rétrospective, évoquant «une oeuvre unique dans l'histoire du cinéma  français».

«Auteur de nombreuses expériences cinématographiques, il a subverti les règles du récit classique» et sa filmographie «constitue la preuve qu'une oeuvre magistrale peut advenir entièrement hors des circuits commerciaux», ajoutait-on de même source.

Le sujet central de sa filmographie était l'identité du film en train de se construire. En France, il resta largement méconnu du grand public mais fut «très important pour des générations de cinéphiles et étudiants actuels en cinéma», selon Les Films du Bosco.

Il rencontra également un certain succès dans les universités américaines et les cinémathèques. A New York notamment, le réalisateur d'origine lithuaienne et figure de l'Underground Jonas Mekas était l'un de ses grands admirateurs.

Admiré par Godard

Né en 1929 à Tunis, dans une famille juive, Marcel Hanoun, lui-même grand admirateur de Robert Bresson, s'était installé en France après la Libération. Son premier long métrage, «Une simple histoire», a été récompensé en 1959 par le Grand prix Eurovision à Cannes et a suscité l'admiration de Jean-Luc Godard. 
Parmi ses autres réalisations figurent «Le Huitième jour», avec Emmanuelle Riva, sorti en 1960 (sa seule expérience dans le système), «Le procès de Karl Emmanuel Youg» (1967, portrait d'un personnage imaginaire qui pourrait être celui d'un criminel de  guerre nazi), «Jeanne, aujourd'hui» (2000), «Insaisissable image»  (2007) ou «Déconstruction» (2009).

Marcel Hanoun est également l'auteur de nombreux ouvrages, notamment «Cinéma Cinéaste, notes sur le cinéma» en 2001, «Libertad» (2008), «Le ravissement de Natacha» (2009), «Le Cri» (2010).