David Cameron pour un référendum sur l'UE

Pressentie depuis la fin de semaine dernière, David Cameron a officialisé mardi soir sa volonté d'organiser un référendum sur l'Union européenne. Bien que souhaitant le succès de l'espace européen, il estime que l'opinion publique se sent biaisée, entraînée dans une direction qu'elle n'a pas voulue.

23 janv. 2013, 07:16
La Grande-Bretagne et l'Union Européenne iraient vers un divorce?

Le Premier ministre David Cameron a cédé aux eurosceptiques de son camp et pris le risque de braquer ses partenaires européens. Il doit annoncer mercredi matin qu'il va organiser un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne d'ici 2015-2017.

Le chef de file conservateur va s'exprimer en début de matinée à Londres. Des extraits de son discours diffusés tard mardi soir, il ressort que M. Cameron va assurer qu'il préférerait que son pays demeure au sein de l'édifice européen, mais à deux conditions: que l'UE se réforme, et qu'elle accepte une renégociation de ses liens avec la Grande-Bretagne.

Le Premier ministre résume ainsi son calendrier et sa vision. Il souhaite inscrire la nécessité "d'un nouvel arrangement" avec Bruxelles dans le manifeste électoral des conservateurs pour les législatives de 2015.

En cas de victoire lui permettant d'exercer un deuxième mandat, il organiserait un référendum dans le courant de la première moitié de la prochaine législature (2015-2019).

Plaidoyer en faveur de l'UE

"L'intérêt national britannique est mieux servi au sein d'une Union européenne flexible, adaptable et ouverte. Et une telle Europe se porterait mieux avec la Grande-Bretagne en son sein", entend-il plaider. "Si nous ne répondons pas aux défis, le danger est que l'Europe échoue et que les Britanniques se dirigent vers la sortie".

"Je ne souhaite pas que cela arrive, je veux que l'Europe soit un succès" poursuit-il en soulignant "le désenchantement actuel de l'opinion publique, à son comble" pour plusieurs raisons.

"Les gens estiment que l'UE s'oriente dans une direction qu'ils n'ont jamais voulue. Ils vivent mal les interférences dans notre vie nationale, au travers de lois et règlements qu'ils considèrent superfétatoires. Et ils se demandent à quoi tout cela rime".

Pour ou contre

"Une fois les nouvelles relations (entre le Royaume-Uni et l'UE) renégociées, nous consulterons les Britanniques par référendum en leur proposant un choix très simple, pour ou contre le maintien dans l'UE, sur la base du nouvel arrangement", va préconiser le chef du gouvernement. "Le référendum se tiendra sur la question dedans/dehors", insiste-t-il.

Les eurosceptiques particulièrement influents au sein du parti conservateur réclamaient à cor et à cri une telle consultation face "au déficit démocratique bruxellois". M. Cameron doit indiquer mercredi "qu'il comprend leur impatience" en insistant cependant sur la nécessité de donner une chance à une Europe remodelée.

Avantages économiques

Dans le passé cependant, le Premier ministre a clairement mis en avant les avantages économiques du marché commun, en dépit de la crise dans la zone euro. Il a critiqué les dérives politiques en matière de supranationalité.

Il s'est prononcé ainsi pour le rapatriement à Londres de prérogatives dévolues à Bruxelles, notamment dans le domaine de l'emploi, des réglementations sociales, de la police et de la justice. Il a aussi envisagé de nouvelles exemptions s'ajoutant à celles obtenues dans le passé par Londres, qui a notamment refusé d'adopter la monnaie unique.