Coronavirus: les Français appelés à ne pas relâcher le confinement

«Restez chez vous!»: avec un soleil radieux sur l’Hexagone et le début des vacances, les appels se multiplient pour que les Français respectent le confinement. Les transferts de malades se poursuivent contre un virus qui a fait plus de 7500 morts dans le pays.

05 avr. 2020, 18:07
Les Français sont appelés à ne pas relâcher la discipline à l'approche de Pâques.

Des joggeurs au milieu de familles sur les bords du canal de l'Ourcq à Paris, des passants dans les rues à Marseille, des enfants jouant par groupes dans des cours d’immeubles… par endroits, le confinement se relâche en ce début de vacances de Pâques.

Si les autorités estiment que le confinement est globalement bien respecté, elles mettent en garde contre toute velléité de départ en vacances.

Dans le Morbihan, des vacanciers et résidents secondaires sont venus en famille dans la commune de La Trinité-sur-Mer, indique le quotidien Ouest-France qui rapporte également les inquiétudes du maire de Quiberon Bernard Hilliet au sujet de l’arrivée de nouveaux visiteurs.

Le déconfinement n’est pas à l’ordre du jour, l’échéance n’est pas fixée
Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur

«Le déconfinement n’est pas à l’ordre du jour, l’échéance n’est pas fixée», a martelé le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. «Je rappelle la règle (…) on sort lorsque c’est strictement nécessaire», a-t-il ajouté.

«C’est les vacances, il fait beau, ne cédez pas à la tentation, restez au maximum chez vous», a exhorté Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, l’une des les plus sévèrement touchées par l’épidémie et où le «système de santé est complètement saturé».

Trop de monde dans les rues

Plus tôt, le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch déplorait la présence de «trop de monde dans les rues, trop de flâneurs, trop de promeneurs» à Paris, croisés par les soignants se rendant à leur travail.

Dans la Manche, la préfecture a rappelé que les plages sont interdites d’accès. Olivier Paz, maire de la commune normande de Merville-Franceville, pestait sur Twitter contre «les résidents secondaires (…) sortis de leur confinement pour venir en Normandie». Dans les Pyrénées, un imprudent qui s’était perdu en voulant s’acheter des cigarettes en Espagne a dû être secouru en hélicoptère.

 

 

Depuis vendredi, début des congés scolaires dans la zone C, qui regroupe les académies d’Ile-de-France et d’Occitanie, plus de 160’000 policiers et gendarmes sont mobilisés. Selon M. Nunez, 500’000 contrôles ont été effectués dans toute la France pour la seule journée de samedi, sur 7,7 millions depuis le début du confinement.

«Le mot déconfinement a été prononcé trop tôt» par le gouvernement, entraînant un «relâchement» dans la population, a regretté le patron des députés LR Damien Abad.

«Je ne comprends même pas qu’on parle du déconfinement, ça continue d’arriver constamment», déplorait Nathalie (prénom modifié), infirmière au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), racontant des services complètement submergés de malades.