Coronavirus: des cas de toxicité cardiaque après la prise d’hydroxychloroquine

Connu en France sous le nom de Plaquénil, l’hydroxychloroquine a provoqué des cas de toxicité cardiaque sur des personnes l'ayant pris en automédication. Selon les autorités sanitaires, la prise de ce médicament doit faire l’objet d’une «surveillance» et d’une «prescription» médicales adaptées.

30 mars 2020, 06:54
L'hydroxychloroquine est normalement utilisé contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. (illustration)

Des cas de toxicité cardiaque ont été signalés sur des personnes présentant des symptômes de la maladie à coronavirus 2019 qui ont pris en automédication de l’hydroxychloroquine. Le médicament est promu par des scientifiques comme un remède possible contre le virus.

Ces cas de toxicité cardiaque ont «parfois nécessité une hospitalisation en réanimation», a indiqué dimanche l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine (ARS) dans un communiqué. «Face à ce constat, l’ARS Nouvelle-Aquitaine alerte sur les dangers de l’hydroxychloroquine qui ne doit en aucun cas être prise en automédication», ajoute le texte.

 

 

La prise de ce médicament doit faire l’objet d’une «surveillance» et d’une «prescription» médicales adaptées «pour éviter la survenue d’événements indésirables graves, mais aussi des hospitalisations en réanimation qui sont actuellement précieuses», poursuit l’ARS.

Contre le lupus ou la polyarthrite

Dérivé de l’antipaludéen chloroquine, l’hydroxychloroquine connu en France sous le nom de Plaquénil, est utilisé contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Actuellement expérimentées dans plusieurs pays dans la lutte contre le virus, ces substances peuvent provoquer de nombreux effets secondaires dont des troubles cardiaques et neurologiques. Et un surdosage peut être dangereux, voire mortel.

 

 

En France, des essais sur l’hydroxychloroquine sont menés par le controversé professeur Didier Raoult, qui s’est attiré des critiques après avoir publié deux études confirmant, selon lui, l’«efficacité» de ce traitement contre le coronavirus.

Dans une deuxième étude portant sur 80 patients, diffusée vendredi en ligne, le directeur du réputé institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille affirme que 80% d’entre eux ont connu une «évolution favorable». Mais nombre de scientifiques pointent les limites de ces études, car elles n’ont pas été menées selon les protocoles scientifiques standards.