Coronavirus: abattage généralisé des visons illégal au Danemark

La campagne d’abattage des visons lancée le 4 novembre au Danemark pour contrer une mutation problématique du coronavirus est illégale. Or 2,4 millions d’animaux en bonne santé ont déjà été tués.

10 nov. 2020, 22:13
Depuis l'annonce gouvernementale le 4 novembre, 2,4 millions d'animaux ont déjà été abattus.

Abattage des visons en bonne santé obligatoire… ou pas? Le ministre danois de l’Agriculture a reconnu mardi que la campagne d’abattage généralisé visant à combattre une mutation problématique du coronavirus n’était pas légalement fondée.

«Nous avons commis une erreur. Il n’y a pas de fondement légal pour demander aux éleveurs de visons d’abattre leurs bêtes en dehors des zones» où des animaux ont été contaminés, a déclaré Mogens Jensen à la chaîne de télévision TV2.

Excuses de la Première ministre

Depuis l’annonce gouvernementale le 4 novembre, 2,4 millions d’animaux avaient déjà été abattus mardi dans le royaume scandinave, premier exportateur mondial de visons, mais certains éleveurs refusent encore d’abattre des bêtes en bonne santé.

Lors de la séance de questions au gouvernement, la Première ministre Mette Frederiksen a également présenté ses excuses mardi.

«Même si on est pressés (…) il faut être clair sur ce qui nécessite une nouvelle loi, cela n’a pas été le cas», a-t-elle dit devant les députés.

Continuer l’abattage

Le gouvernement appelle toutefois les éleveurs à continuer l’abattage comme prévu, par précaution sanitaire.

La semaine dernière, le Danemark avait ordonné l’élimination de tous ses visons - soit entre 15 et 17 millions de têtes – à la suite de la découverte d’une mutation du nouveau coronavirus transmissible à l’homme chez ces mammifères, qui pourrait compromettre l’efficacité d’un futur vaccin humain.

 

 

Le virus mutant, appelé «Cluster 5», a été décelé chez douze personnes, toutes dans le Jutland du Nord, une région du nord-ouest du pays. Des restrictions drastiques ont été imposées jeudi pour un mois dans les sept communes où le plus de cas dans les élevages ont été déclarés.

Forte opposition

Aucun nouveau cas humain de «Cluster 5» n’a été enregistré ces derniers jours, et les douze cas remontent à septembre et ne sont plus actifs, laissant l’espoir d’une disparition de la souche en question.

La loi, qui devait permettre l’abattage des visons en bonne santé, devait être traitée mardi en procédure d’urgence. Mais le Parlement y a renoncé face à la réticence de l’opposition et d’une partie des soutiens du gouvernement minoritaire social-démocrate.

Le projet de loi va donc être traité en trois lectures, comme un texte habituel.