Corée du Nord: nouvelle batterie de sanctions de l'ONU à l'encontre du régime de Pyongyang

A l'initiative des États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l'unanimité une nouvelle série de sanctions contre le régime nord-coréen dirigé par Kim Jong Un. Celles-ci réduisent ses apports en hydrocarbures et interdisent ses exportations de textile.

12 sept. 2017, 06:48
Pour s'assurer du soutien de la Russie et de la Chine lors du vote, Washington a dû cependant revoir à la baisse ses prétentions et renforcer les paragraphes liés à la recherche d'une solution "pacifique" à la crise.

Cette huitième série de mesures, soutenue par la Chine et la Russie, les plus proches soutiens de la Corée du Nord, vise à punir ce pays pour son essai nucléaire du 3 septembre. Par ses sanctions, chaque fois plus sévères, l'ONU veut pousser Pyongyang à négocier ses programmes d'armement nucléaire et conventionnel, jugés menaçants pour la stabilité mondiale.

Pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l'Italie, la résolution adoptée lundi est "très solide", "équilibrée" et permet à l'ONU d'affirmer "unité" et "détermination".

"Nous ne cherchons pas la guerre", a assuré l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, qui avait la semaine dernière assuré que Pyongyang "ne demandait que ça". Lundi, elle a admis que la Corée du Nord n'avait "pas franchi un point de non-retour".

Contrats de travail des expatriés

Les mesures concernant les expatriés nord-coréens et les inspections de navires suspects sont moins strictes que dans le texte initial, surtout à la demande de Moscou, selon des diplomates. La Russie ferait travailler quelque 35'000 expatriés nord-coréens.

Lors de la dernière résolution de sanctions, adoptée le 5 août, le nombre de travailleurs expatriés nord-coréens avait été plafonné. La nouvelle résolution prévoit une information sur l'échéance des contrats de travail de ces expatriés. La nouvelle résolution ajoute Pak Yong Sik, un des responsables du programme de missiles, sur une liste noire en même temps que trois agences nord-coréennes, dont celle responsable de la propagande du régime.

 

 

Opposition annoncée

Précédant l'adoption du texte, la Corée du Nord avait exprimé haut et fort son opposition aux nouvelles mesures. Elle a averti les Etats-Unis qu'elle leur infligerait "la plus grande des souffrances et des douleurs" s'ils persistaient à vouloir que l'ONU durcisse les sanctions à son encontre. La Corée du Nord "fera en sorte d'être absolument sûre que les Etats-Unis en payeront le prix", a précisé Pyongyang.

Le dernier train de sanctions internationales, le 5 août, faisait suite à deux tirs de missiles intercontinentaux nord-coréens. Il interdit les importations de charbon, de fer et de la pêche venant de Corée du Nord, et vise à priver ce pays d'un milliard de dollars de recettes par an.