Compostelle: le conducteur de train où 79 personnes sont mortes il y a 1 an s'excuse

Un an tout juste après l'accident de train qui a coûté la vie à 79 personnes, le conducteur s'est excusé auprès des familles des victimes, via une lettre publiée dans la presse espagnole. L'homme roulait à 179 km/h dans une courbe limitée à 80. Son procès est en cours.

24 juil. 2014, 17:37
Le drame a eu lieu le 24 juillet 2013. Le conducteur a longtemps été pointé du doigt. Mais, depuis, l'état du réseau ferré espagnol l'est aussi.

Un an après l'accident d'un train qui a fait 79 morts le 24 juillet 2013 à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne, le conducteur, mis en examen, a exprimé sa "douleur" et a demandé "pardon" aux victimes. Il s'est exprimé au moyen d'une lettre parue dans la presse.

"Je ne peux que demander pardon", écrit le conducteur du train, âgé de 53 ans, dans une lettre pétrie de contrition publiée jeudi par le journal galicien "La Voz de Galicia". "Je ressens tant de peine et de douleur", sont les premiers mots de son bref message. "Cela m'angoisse de penser aux mots que je peux leur adresser, de savoir si ce seront ou non les mots appropriés", a-t-il ajouté.

"En réalité, je ne sais pas si ce que je pourrais dire soulagera quelques-uns d'entre vous dans leur immense douleur. Vous ne savez pas ce que je donnerais pour cela. La douleur qui vous frappe est si grande", écrit encore le conducteur du train Alvia 04155.

"Un an après, je ressens le besoin de vous dire publiquement ce que chaque jour, depuis ce 24 juillet, je vous dis dans ma solitude, détruit par les conséquences de l'accident", confie-t-il encore.

Cette lettre est publiée dans le livre "Le pire jour pour la Galice. Tragédie pour la Galice", que publie "La Voz de Galicia" en ce premier anniversaire.

Longtemps à l'écart

Selon le quotidien national "El Pais", le conducteur, après avoir vécu caché, à l'écart du monde et protégé par ses amis, durant la période qui a suivi l'accident, "ne se cache plus" et vit aujourd'hui dans la ville galicienne de La Corogne, où il s'occupe de sa mère malade.

Le train arrivant de Madrid abordait à 179 km/heure une courbe dangereuse, où la vitesse est limitée à 80 km/heure, quand le convoi a déraillé le soir du 24 juillet 2013 dans le hameau d'Angrois, à quatre kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le conducteur du train a été mis en examen pour 79 faits d'homicide par imprudence et laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Pendant l'instruction, le juge a dénoncé l'absence sur le lieu de l'accident du système européen ERMTS, qui prévoit un freinage automatique en cas de dépassement de la vitesse autorisée. Une dizaine de responsables d'Adif, le gestionnaire du réseau ferré espagnol, ont été mis en examen dans cette affaire.