Cologne: une manifestation contre le président turc Erdogan a réuni plus de 25'000 personnes

Plus de 25'000 Kurdes et Alévis se sont réunis samedi à Cologne pour protester contre le régime du président turc Erdogan. Cette rencontre fait écho à la suspension de 370 organisations non gouvernementales de la part du gouvernement turc.

12 nov. 2016, 21:54
Plus de 25'000 personnes se sont réunies samedi à Cologne pour marquer leur opposition face au gouvernement turc.

Environ 25'000 Kurdes et Alévis ont défilé samedi à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne. Ils protestaient contre le président turc Recep Tayyip Erdogan après l'arrestation début novembre de responsables politiques prokurdes, a rapporté l'agence allemande DPA.

Kurdes et Alévis, une minorité musulmane chiite, ont défilé "pour la démocratie, la paix et la liberté" et contre les vastes purges menées par le régime depuis le putsch avorté de juillet.

Certains brandissaient des portraits d'Abdullah Öcalan, le chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L'opposant est détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali, située au large d'Istanbul.

 

D'autres étaient munis de portraits du jeune coprésident du HDP, Selahattin Demirtas, arrêté la semaine dernière avec plusieurs autres députés de ce parti prokurde. Le HDP est accusé par le président Recep Tayyip Erdogan d'être la "vitrine politique" du PKK.

En marge de la manifestation, un groupe de jeunes Kurdes a joué les perturbateurs, a fait savoir la police de Cologne dans un communiqué. "Des feux de Bengale ont été allumés par quelques individus. Alors que les policiers voulaient empêcher cela, des pierres et des objets leur ont été jetés", a détaillé la police. Selon DPA, une policière a été blessée à la main et un homme a été placé en garde à vue.

L'Allemagne compte la plus importante communauté kurde d'Europe avec environ un million de personnes, mais également la plus grande diaspora turque au monde. Ce qui fait craindre une importation sur le sol allemand des tensions entre les deux communautés, attisées par la politique répressive de M. Erdogan en Turquie.

ONG suspendues

En Turquie, les purges après le coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier se poursuivent. Quelque 370 organisations non gouvernementales (ONG) ont été suspendues pour liens supposés avec le terrorisme, a annoncé le gouvernement turc vendredi soir.

Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a défendu cette décision, qui concerne aussi bien des associations de défense des droits de l'homme que des organisations d'aide à l'enfance. "Les organisations ne sont pas fermées, elles sont suspendues. Il y a des preuves solides qu'elles sont liées à des organisations terroristes", a-t-il déclaré.

Sur les 370 associations affectées par la suspension de vendredi, 153 seraient liées au mouvement guléniste, 190 au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), 19 au groupe d'extrême gauche Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), et huit à l'Etat islamique, précise le ministère de l'Intérieur.